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en pays grave, où la nature au 5 int l' : es dehors peu clémente contraint l’homme ez soi, dans la culture de sa propre pensée, ainsi que dans
DE
Sainte Thérèse (Pointe-sèche).
les régions du nord, par exemple, et non celles du midi, où le soleil nous extériorise et nous enchante (1). » De cela Redon n'a-t-1l point
(1) On. R. À S. M, p. 120.
fait la plus personnelle expérience : (Ces étranges hthographies, souvent sombres, abstruses, et disons-le, peu séductrices d'aspect, s'adressent. à des esprits de silence, et même ayant encore en eux les ressources si rares de l’ingénuité naturelle — sorte de grâce. Pour dire ici toute ma pensée, j'ai toujours cru que mon public était lom de ces lieux, ainsi que le prouva d'ailleurs la première attention qui me fut donnée : c’est tout d’abord au delà de la frontière qu’on aima et rechercha mes travaux (1). » Mais il est un pays où l'artiste fut particulièrement compris et hautement estimé. ( Tant de difficultés vaincues, d'aussi étonnantes réussites n’ont-elles pas incité les admirateurs hollandais de Redon à le qualifier amicalement de : Rembrandt français (2). »
Certainement beaucoup de ses effets doivent leur puissance au vigoureux clair-obscur. Mais le lithographe sait aussi, quand il lui plait, varier très heureusement le faire de ses estampes. Quelques-unes sont entièrement traitées dans la lumière, tandis que d’autres s'estompent de toutes les gradations du gris. Ce qui fait que si l'on feuillette d’afhlée cet ensemble abondant, le souple changement exclut la monotonie et, par sa richesse sans cesse renouvelée, forme un trésor d'aspects incomparablement variés.
Cet œuvre de Redon, il nous échut, en 1913, la charge difhcile, l'honneur aussi, d’en dresser, grâce à la Société pour l'Etude de la Gravure Française, le Catalogue complet et raisonné. De l'essai de classification, alors tenté, nous devons rappeler ici les idées principales.
Tout d'abord nous observions une démarcation presque entièrement d'ordre matériel, mais suscitant quelques réflexions : « Les Pièces séparées, conçues sans aucun rapport entre elles, possèdent chacune leur autonomie complète. Les Albums, par contre, font ressortir un autre caractère. Ce sont de petites entités, où la liaison intime des diverses parties constitue un tout organisé. Comme autant de microcosmes dans l’ensemble plus vaste de l’œuvre lithographique, dont ils partagent d'ailleurs les caractères essentiels.
«L'artiste sait composer un Album, résultat qu'on n’atteint point sans difficultés. Ne faut-il pas, en effet, éviter d’une part l’excessif relâ-
(DRODER AISNE A2 (2) A. M. Gaz. des B.-A., p. 150.
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chement des pièces entre elles, d'autre côté la monotonie qui proviendrait, soit sous le rapport intellectuel, soit comme apparence plastique, de similitudes trop voisines. Redon a franchi ce double écueil. En ses Albums, chaque estampe a une vie et une valeur propres, au même titre que dans les pièces séparées. Mais ces qualités s'augmentent encore d'une sorte de coefficient d'intérêt, par la signification des estampes environnantes, les unes et les autres demeurant subordonnées à un plan d'unité générale. Cette organisation est établie par l'artiste avec une logique telle que l’ordre même où les planches sont placées possède son importance, et qu’on ne saurait l’intervertir sans préjudice. Corrélativement aux trouvailles de l'inspiration, Redon ménage toujours une variété séduisante des aspects. À notre époque, peu d'artistes de l'Estampe nous semblent capables de mener à bien la conception d'ensemble et la somme de travaux divers nécessités par cette synthèse complexe que constitue un Album (1) ».
Nous avons dû, à propos d’une division d'ordre différent et plus important, insister davantage. Certaines estampes sont issues entièrement de l'imagination de Redon, tandis que d’autres, au contraire, ont comme point de départ les idées évoquées par des œuvres littéraires. Mais 1l importe de prévenir immédiatement une confusion possible. Nous ne sommes pas ici en présence d’une illustration, au sens où ce mot s'emploie d'ordinaire, quand le dessin vient s’adjoindre à un livre pour le corroborer. En effet : « On ne saurait retrouver, chez Redon, l’habituelle manière d'illustrer un texte. Nous constatons une interprétation 1llimitément libre dans le domaine plastique. C’est moins l'expression d'une exacte conformité recherchée avec la pensée littéraire, que les idées et les émotions très personnelles, jaillies au contact de tempéraments extériorisés dans un autre art. En somme, non la servilité, n même un accommodement large, mais bien un parallélisme corrélatif (2). »
Redon s'en rend parfaitement compte, et souhaiterait un autre vocable, tant il craint que celui usuellement appliqué n'induise à l'erreur en ce qui concerne le but qu'il poursuit : ( Je n’ai jamais employé le mot
(DAME CEr RS: