‹ Odilon RedonChapitre 39 sur 88 · RAS · texte numérisé non relu

RAS

si je puis ainsi dire, ce monde qu'il connaissait si bien. Ce n'étaient pas de simples et banales énumérations de caractères qu'il trouvait dans les grandes espèces végétales : c'étaient en quelque sorte des attributs qui faisaient de chaque plante une personnalité vivante. Grâce à une méthode rigoureuse d observation sagace, grâce à sa conception si originale de l'espèce, il était en train de renouveler la systématique botanique présentée le plus souvent dans un esprit suranné et absolument terre-à-terre.

« Sous un titre modeste, sa Flore de la Gironde, produit de longues années de recherches. porte le cachet d'un esprit véritablement supérieur. Ce n'est pas, comme on pourrait s’y attendre, une courte énumération des plantes rencontrées dans le département, mais bien une revision d'un ordre bien plus élevé de la plupart des familles végétales indigènes.

«Son œuvre avançait.. Dans nos dernières séances, il nous faisait part de ses recherches sur un des genres les plus difficiles à étudier du règne végétal, le genre Callitriche, et nous apportait à l'appui de ses observations, une quantité de planches dessinées par lui-même avec ce soin méticuleux d'anatomiste, cette habileté consommée d'artiste, qui en font de véritables chefs-d'œuvre. Tout nous faisait prévoir également un travail important sur les Rubus.

« Malheureusement, la mort a tout fauché.. ». Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. Vol. xLiIv, 5° série, t. 1V, 1890. Bordeaux, J. Durand, 1890. Extraits de Procés-verbaux des séances de la Société... (Séance du 3 décembre 1890). Discours prononcé aux obsèques de M. Clavaud par le Président de la Société, le 4 décembre 1890.

L'ouvrage principal auquel il est fait allusion fut publié comme suit : Flore de la Gironde, IT fascicule, Thalamiffores. Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. Xxxxv, 4° série, t. v, Bordeaux, Imp.Durand, 1881, p. 121 à 226, planches à la suite. — 2" fascicule, Caliciflores (1'® partie). 4 Dt°, 1884, p. 461 à 583, avec 4 planches. — Il a été fait également un petit nombre de tirages à part.

On retrouvera dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, de très nombreuses communications de Clavaud sur des sujets divers.

(12) Les véritables créateurs de la Tératologie comme partie spéciale de la science sont les Geoffroy Saint-Hilaire, qui lui ont consacré de nombreux travaux pendant la première partie du xix® siècle.

Voir notamment : Er. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Philosophie anatomique, t. I], Des monstruosités humaines, Paris, 1822. — ]d., Considérations générales sur les monstres, Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, 1826.

Et : Isipore GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Histoire générale et particulière des Anomalies de l'organisation chez l'homme et chez les animaux... ou Traité de la Tératologie, Paris, J.-B. Baillière, t. 1, 1832. — T. Il et III, 1836, avec atlas.

On consultera utilement un livre paru au cours de ces dernières années : E. RABAUD (Encyclopédie scientifique), La Tératogénèse, Paris, A. Doin & fils, 1914: A la fin du volume, un abondant Index bibliographique mentionne les principaux auteurs qui se sont occupés de la matière.

(13) Nous avons jadis essayé une définition de l'Impressionnisme, laquelle, si on la considère comme acceptable, fera ressortir la séparation bien marquée avec les tendances et l'art de Redon : « L'Impressionnisme nous paraît : la revendication de la libre personnalité de l'artiste en dehors de tout contrôle académique, par un groupe de peintres contemporains, dont la plupart se filient à l'école des Paysagistes, dite de 1830... avec l'apport particulier de recherche d'effets plus lumineux — et l'emploi d'une technique appropriée par l'usage d'une palette de couleurs pures et la division des tons. » À. M., L'Exp. de 1900 et l'Imp., op. cit., p. 3.

À tenir compte également de la définition d'ordre plus philosophique, due à un critique très compétent : « L'Impressionnisme, dans les œuvres qui le représentent le mieux, c'est une peinture qui va vers le phénomène, vers l'apparition et la signification des choses dans l'espace et qui veut faire tenir la synthèse de ces choses dans l'apparition d'un moment. » G. GEFFROY, La Vie Artistique, Paris, Dentu, 1894, troisième série, Histoire de l'Impressionisme, p. 8.

(14) « Comment définirons-nous le Mouvement Idéaliste ?

La tendance d'artistes cherchant à échapper à la contingence par l'inspiration et le mode d'expression. En d'autres termes : tandis que le réaliste prend pour but final de reproduire la nature dans la sensation directe qu'elle fait éprouver, — l'idéaliste ne veut y voir que le point de départ éloigné de son œuvre. Tout réside pour lui dans la transformation cérébrale, entièrement subjective, que lui fait subir notre esprit. Il ne s'agit plus de sensation, c'est-à-dire de la chose perçue indépendamment de la volonté, mais de l'idée que nous en dégageons, pur concept que l'artiste cherchera à exprimer uniquement, sans se préoccuper des exactes objectivités qui en ont

été la cause.

L'œuvre d'art actuelle, a dit M. G.-Albert Aurier, critique autorisé (Le Symbolisme en peinture,

PauL GAUGUIN, article paru dans le Mercure de France, de mars 1891), devra être :

« 1° Jdéiste, puisque son idéal unique sera l'expression de l'idée ;

« 20 Symboliste, puisqu'elle exprimera cette idée par des formes ;

« 32 Synthétique, puisqu'elle écrira ces formes, ces signes, selon un mode de compréhension générale ;

«4 Subjective, puisque l'objet n'y sera point considéré en tant qu'objet, mais en tant que signe d'idée perçu par le sujet ;

« 52 (C'est une conséquence) Décorative.…. »

L'écrivain ajoute encore à ces qualités, pour que l'artiste soit complet : « Le don d'Emotivité, non point certes cette émotivité que sent tout homme devant les illusoires combinaisons passionnelles des êtres et des objets. mais cette transcendantale émotivité, si grande et précieuse qui fait frissonner l'âme devant le drame ondoyant des abstractions ».

Nous voici en présence d'un programme idéaliste bien différent du réalisme ». ANDRÉ MELLERIO, Le Mouvement Idéalisté en peinture, H. Floury, Paris, 1896, p. 9 et 10.

A TALOQUE

Page 1