‹ Ödön von Horvath - Allers-RetoursChapitre 4 sur 4 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Apparaît le gendarme Mrschitzka. Il accompagne, baïonnette au canon, Ferdinand Havlicek, expulsé de la rive gauche.

SZAMEK. — Est-ce un mirage ? Mrschitzka !

MRSCHITZKA. — Szamek ! Eh bien, c’est ce qui s’appelle une heureuse surprise ! (L'embrassant, géné par sa baïonnette.) Nom de Dieu !

SZAMEK. — Ça fait un bail que nous ne nous sommes vus, ami ! Huit longues et difficiles années...

MRSCHITZKA. — Erreur, Thomas, sept !

SZAMEK. — ‘Tiens ? Sept seulement ? Comme le temps passe vite !

MRscxrrzKA.— Le joli brin de fille que tu tiens là ! J’ai Pimpression, mon beau salaud...

SZAMEK. — ‘Tais-toi ! C’est ma fille !

MRSCHITZKA. — Qui ça ? Eve ? Hier, elle n’était pas plus haute que ça... Indiquant la hauteur d’un mètre. Une fleur éclose en une nuit. La vache ! C’est là qu’on se rend compte de l’âge qu’on prend !

SZAMEK, à Eve. — Tu te souviens du bon tonton Mrschitzka ? Tu jouais toujours au gendarme et au voleur avec lui...

EVE, avec un sourire. — Ça ne s’oublie pas !

MRSCHITZKA. — Ça me fait chaud au cœur, mademoiselle Eve ! Vraiment très chaud !

EVE. — Moi de même !

SZAMEK, à ve. — Au lieu de te chauffer le cœur, toi, réchauffe-nous plutôt du café ! (A Mrschitzka :) Vu prendras bien un café ?

MRSCHITZKA. — S'il est bon... Avec du rhum, surtout.

SzAMEK. — Voilà qui est parlé ! (À Fe :) Allez, va donc réchauffer du café !

Eve entre dans la baraque pour réchauffer le cafe.

SCÈNE 5 MRSCHITZKA, suivant Eve des yeux. — Croustillante !’Très croustillante !

SZAMEK. — Eh oui, les enfants grandissent et nos jours baissent.

MRSCHITZKA. — À propos de baisser : c’est insensé, cette histoire de baisse des salaires qu’ils nous concoctent au ministère, ces brutes épaisses —

SZAMEK, l’interrompant. — Chut !

MRSCHITZKA. — Allons, on est entre nous !

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