‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 15 sur 168 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

niiive, malgré certaines incertitudes de pensée ^, Dupin donne mission au commerce international de faire affluer dans le pays ; il en reçoit sa prospérité. La répétition fréquente des échanges fait « l'opulence des Etats », dans la mesure où la balance du commerce avec Tétranger est favorable.

Or, un pays peut s*assurer cette balance favorable en dirigeant dans les voies appropriées le commerce international. Pour la France, dont Dupin envisage toujours la situation actuelle, ce n'est point le commerce, indifféremment, qui est productif, mais essentiellement le commerce de certains produits auxquels il convient dès lors de donner tous ses soins. La notion de la productivité du commerce se rattache essentiellement à la considération du produit qui l'alimente. 11 vit de Tagriculture et de l'industrie ; il leur assure leurs débouchés. Mais il doit être en même temps le serviteur de leurs besoins. A ce titre, il doit recevoir toutes les restrictions utiles au développement et au progrès de Tlndustrie, si ce qui gêne le commerce peut favoriser la production. A l'intérieur du pays, le commerce doit être libre, la circulation facile, les péages doivent être supprimés et les douanes entre les provinces portées, toutes, à la circonférence de la Nation . Mais, à cette circonférence, elles ne doivent point disparaître. Sous leur protection naissent et se

porter son paiement? Que dirions-nous si, après avoir vendu nos toiles à la VeraCruz, à Portobella, à Carthagèue, les gouverneurs saisissaient les piastres qui en proviennent comme marchandise déclarée de contrebande à la sortie par les Ordonnances du roi d'Espagne. Cf. infra, p. 48.

1. Obs., t. III, p. 216 : « Nous savions que le commerce apporte les matières premières d'or et d'argent et que la Finance doit lui être subordonnée parce que sans lui, elle n'aurait point d'objet sur lequel elle pût exercer ses opérations. » — En même temps, il écrit, et dans le môme passage : o Jamais personne n'a tiré de l'argent d'un Etat sans lui en avoir fourni la valeur en denrées et en marchandises. » Ce n^est pas en interdisant la sortie de l'or qu*on en favorisera la rentrée, à L'argent doit être considéré comme une marchandise, on ne doit pas l'arrêter dans sa course. » C'est en favorisant sa sortie, mais plus encore en favorisant la sortie de nos produits, qu'on fera rentrer de For dans le royaume.» (Reproduction d'un passage des OEcon., I, p. [83] 115.)

Collection des Économùttes. — Dupin. c

XXXIV INTRODUCTION

développent les sources mêmes du négoce et tout particulièrement grandissent les manufactures dont Dupin se soucie infiniment plus que de Tagriculture. « Si nous apercevons chez nos voisins, écrit-il, quelque fabrique nouvelle, nous tâchons aussitôt de la contrefaire et nous faisons très bien. Questionnés sur ces principes, nous n^hésitons pas à répondre que c'est pour n'être pas leurs tributaires, pour gagner la préparation et la main-d'œuvre, pour soutenir nos manufactures et empêcher la sortie de notre argent. Ces principes sont admirables ^ n De classiques restrictions de la liberté fournissent le moyen d'assurer la vie et le progrès de ces manufactures : prohibition de sortie de nos matières premières, liberté d'importation des matières premières étrangères — liberté de sortie de nos produits manufacturés 2, prohibition d'entrée ^ des marchandises étrangères, tels sont aussi les quatre articles du programme de Dupin ^. Dupin se plaint que la liberté de sortie de nos produits manufacturés soit encore imparfaitement assurée, que des produits étrangers — les indiennes par exemple, alors si recherchées par la mode, — puissent entrer frauduleusement chez nous malgré la prohibition légale. Il se plaint que « la mauvaise foi et l'avidité des trafiquants, la négligence, l'ignorance et l'infidélité des inspecteurs des manufactures, la tolérance sur l'introduction des étoffes étrangères, les droits dont les marchandises et fabriques de notre cru étaient chargés à la sortie, aient contribué à la diminution du commerce '^, ))

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