‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 23 sur 168 · ÛBcon., I, p. [toi · texte numérisé non relu

ÛBcon., I, p. [toi

XL INTRODUCTION

des Indes ne doive pas être détruit, je ne prétends pas dire cependant qu'il soit nécessaire qu'une même Compagnie réunisse toutes les branches du commerce éloigné ^. » Et il mentionne que le commerce avec Madagascar, a cette île la plus grande du monde connu », mériterait un privilège spécial.

Certains objets de luxe étaient alors interdits aux consommateurs français, pour que la vente en fût réservée exclusivement à l'étranger, et que le profit fût pour le commerce. Le prix des marchandises était fréquemment tarifîé, le salaire de l'ouvrier et le taux de l'intérêt réglementés. Dupin ne trouvait rieA à redire à ces mesures destinées à favoriser la production nationale : « Dans tout État, écrit-il, où, par le défaut du prince ou du magistrat, il n'est pourvu à temps et à propos, au prix excessif, ou au vil prix des choses, c'est un État fort mal policé -. » Par ailleurs il déclare : « Le prince et le magistrat, non seulement peuvent et doivent taxer le prix des denrées et marchandises, relativement aux circonstances et à l'utilité publique ; mais encore, ils peuvent et doivent s'opposer avec le même empressement à la trop grande abondance de ces denrées et marchandises, afin que le prix n'en soit pas trop avili ^. »

Ces conceptions sont, en définitive, celles que Sully, « le meilleur modèle qu'un ministre puisse suivre », au dire de Dupin, énonçait et dont il faisait les maximes de son gouvernement ; ce sont celles que Colbert avait exactement appliquées. En feuilletant le Recueil de ses Lettres, Instructions et Mémoires^, on démêle, parmi la masse des documents classés^ tous les préceptes de la politique dont, soixante ans plus tard, Dupin reste le partisan passionné. On y trouve le même

Page 1