‹ OEdipe et le sphinx; tragédie en trois actesChapitre 3 sur 39 · SCÈNE i ŒDIPE, LYCHAS · texte numérisé non relu

SCÈNE i ŒDIPE, LYCHAS

ŒDIPE, absorbé.

Celui qui porte, dans son cœur, l'enseignement du temple,

l'exemple du foyer, les baisers de sa mère ;

et s'étudie à la sagesse, depuis qu'il se connaît ;

ce juste deviendrait scélérat, tout à coup ! Dérision !

En vain, je déteste le crime ; Apollon m'y condamne!

Mon cerveau ne le conçoit pas ; ma main l'accomplira !

Dérision Olympienne!

LYCHAS Quelle atroce pensée l'obsède !

ŒDIPE, exalté.

Immortels ! obscurcissez le mystère de votre essence,

restez impénétrables et glorieux et bienheureux ;

sur nos âmes régnez, mais ne les troublez pas méchamment;

et vous même, ô Dieux, obéissez à la justice!

Sinon, croulent les temples sur leurs mystères abolis;

que le dernier autel devienne la margelle d'un puits;

et que l'instinct, comme avant Prométhée,

règne partout et nous ramène à l'animalité.

Mais, s'il est vrai que, par la volonté,

l'homme conquiert une plus grande dignité ;

si Hercule eut raison de suivre la vertu,

Achille, de préférer la gloire ;

si la justice enfin, préside aux destinées :

expliquez-moi la mienne, tyrans célestes?

LYCHAS Œdipe, au nom des Dieux !

ŒDIPE Qui m'appelle? Toi, Lychas. Ici?

LYCHAS Reviens à Gorinthe, ô Prince!

ŒDIPE Jamais, jamais !

LYCHAS Ecoute la raison! Écoute l'amitié.

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