DE LA PAGE
Memnon , fils de Tithon et de l'Aurore, fat tué au siège de Troie par Achille. On lui érigea, à Tbëbes en Egypte, un superbe tombeau, dont les ruines subsistent encore sur les bords du Nil , dans un lieu appelé par les anciens Memnonium , et aujourd'hui par les Arabes Médinet-Habou, c'est-à-dire ville du père. On y voit des débris colossaux de sa statue, d'où sortaient autrefois des sons harmonieux au lever de l'aurore.
Je me propose de faire ici quelques observations au sujet du bruit que produisait cette statue, parce qu'il intéresse particulièrement l'étude de la nature. D'abord on ne peut révoquer ce fait en doute. L'Anglais Richard Pocoke, qui vit en 17 36 les restes du Memnonium, dont il nous a donné une description aussi détaillée qu'on puisse la faire aujourd'hui, rapporte sur l'effet merveilleux de la statue de Memnon plusieurs autorités des anciens , que voici en abrégé.
Strabon dit qu'il y avait dans le Memnonium , entre autres figures colossales, deux statues à peu de distance l'une de l'autre; que la partie supérieure de l'une avait été renversée, et qu'il sortait une fois le jour, de son piédestal, un bruit pareil à celui qu'on entend lorsqu'on frappe sur quelque chose de dur. Il ouït lui-même le son, étant sur le lieu avec JEiius Gallus; mais*il ne put savoir s'il venait ou de la base., ou de la statue, ou de ceux qui étaient autour.
M NOTE DE L'ARCADIK.
Pline le naturaliste , bien plus circonspect qu'on ne le croit lorsqu'il s'agit d'attester an fait extraordinaire , se contente de rapporter celui-ci sur la foi publique, en employant ces expressions de doute : Narratur, ut putant , dicunt , dont il se sert si fréquemment dans son ouvrage. C'est en parlant de la pierre de basalte, Hist. nat. , l. xxxvi, chap. 7.
loventt eadein vtgyptus te iEthiopia quem voeant baaaltes ferrei eoloris atqœ dnrltiœ....
Mon abslmllis 1111 narratur in Thebis , delubro Serapis , ut patant , Itemnonls statua dicatug ; quem qaotidlano solis ortu contactum radife crepare dicunt.
m Les Egyptiens trouvent aussi en Ethiopie une pierre , appelée basalte, qui a la couleur et la dureté du fer.... « On raconte que c'est de cette même pierre qu'est faite, à Thèbes, dans le temple de Sérapis, la statue de Memnon, qui, dit-on, fait du bruit chaque Jour, lorsqu'elle est touchée par les rayons du soleil « levant. »
Ju vénal, si en garde contre les superstitions, et surtout contre celles de l'Egypte, adopte ce fait dans sa satire xv*, qu'il a dirigée contre ces mêmes superstitions :
Effigies sacri nttet aurei carcoplthecl ,
Dimtdio magies résonant ubt Memnone chordae ,
Atque Vetua Tbebe centum Jaeet obruta porUs
« Le simulacre doré d'un singe sacré à longue queue, brille encore « où résonnent les cordes magiques de la moitié de la statue de Mem- « non, dans l'ancienne Thèbes, ensevelie sous les débris de ses cent « portes. »
Pausattias rapporte que ce fut Cambyse qui brisa Cette statue ; que la moitié du tronc était par terre; que l'autre moitié rendait, tous les jours , ad lever du soleil , un son pareil à celui que rend la corde d'un arc qui casse, pour être trop tendue.
Philostrate en parle comme témoin. II dit, dans la Vie d'Apollonius de Tyane, que le Memnonium était non-seulement un temple, mais un forum , c'est-à-dire un Heu de très-grande étendue, ayant ses places publiques , ses bâtiments particuliers, etc. Car les temples, dans l'antiquité, avaient beaucoup de dépendances extérieures, des bois qui leur étaient consacrés, des logements pour les prêtres, les victimes, et pour recevoir les étrangers. Philostrate assure qu'il vit la statue de Memnon entière, ce qui suppose que de son temps on en avait réparé la partie supérieure. ïl la représente sous la forme d'un jeune homme assis qui regardait le soleil levant* Elle était de pierre noire. Elle avait ses deux pieds de niveau, comme toutes les statues anciennement faites avant Dédale , qui , le premier, dit-on , porta les pieds des statues l'un devant l'autre. Ses deux mains étalent appuyées sur ses cuisses* comme si elle voulait se lever.
On aurait cru , à ses yeux et à sa bouche, qu'elle allait parler. Philostrate et ses compagnons de voyage ne furent point surpris de l'attitude de oette statue, parce qu'ils ignoraient sa vertu; mais lorsque les
ROTfi DE L'aACADIE. fe*
rayons du soleil tarant vinrent à darder iur sa télé, ils ne furent pas plutôt arrivés à sa bouche, qu'elle parla en effet, ce qui leur parut un prodige.
Ainsi, voilà une suite d'auteurs graves, depuis Strabon, qui vivait sous Auguste , Jusqu'à Philostrate , sous Caracalla et Géta , c'est-à-dire pendant un espace de deux cents ans , qui affirment que la statue de Memnon faisait du bruit au lever du soleil.
Pour Richard Pocoke, qui n'en vit que la moitié en 1738, il la trouva dans le même état que Strabon l'avait vue environ dix-sept eent trente-huit ans auparavant, excepté qu'il n'en sortait aucun son. Il dit qu'elle est d'une espèce particulière de granit dur et poreux , tel qu'il n'en avait laniais vu, qui ressemble beaucoup à la pierre d'aigle. A trente pieds d'elle, au nord, il y a, ainsi que du temps de Strabon, une autre statue colossale entière, bâtie de cinq assises de pierres, dont le piédestal a trente pieds de long et dix-sept de large. Mais le piédestal de la statue mutilée, qui est celle de Memnon, a trente-trois pieds de long sur dix-neuf pieds de largeur. 11 est d'une seule pièce, quoique fendu à dix pieds du dos de la statue. Pocoke ne parle point de la hauteur de ces piédestaux, sans doute parce qu'ils sont encombrés dans les sables, ou plutôt parce que l'action perpétuelle et insensible de la pe- - sauteur les aura fait enfoncer dans la terre , ainsi qu'on le remarque à tous les anciens monuments qui ne sont point fondés sur le roc vif. Cet effet s'observe même sur les canons et sur les piles de boulets posés sur le sol de nos arsenaux , qui s'y enterrent au bout de quelques années , s'ils ne sont supportés par de bonnes plates-formes.
Quant aux restes de la statue de Memnon , voici les dimensions que Pocoke en donne :
Depuis la plante des pieds jusqu'à la cheville, 2 pieds 6 pouces;
Idem, jusqu'au coude-pied , 4 pieds.
Idem, jusqu'au haut du genou , 19 pieds.
Le pied a cinq pieds de largeur, et la jambe quatre pieds d'épaisseur.
11 y a apparence que Pocoke rapporte ces dimensions au pied anglais, ce qui les diminue à peu près d'un onzième. Au reste, il trouva sur le piédestal, ainsi que sur les jambes et les pieds de la statue, plusieurs inscriptions en caractères inconnus; d'autres très «anciennes, grecque? et latines , assez mal gravées , qui sont des témoignages de ceux qui ont entendu le son qu'elle rendait.
Les restes du Memnonium offrent tout autour, jusqu'à une grande distance, des ruines d'une immense et étrange architecture : des excavations dans le roc vif, qui font partie d'un temple; de grands pans de mur renversés et à moitié détruits, et d'autres debout ; une porte pyramidale; des avenues, des piliers carrés, surmontés de statues dont la tête est brisée , qui tiennent un lituus d'une main et un fouet de l'autre, comme celle d'Osiris ; plus loin , des débris de figures gigantesques épars sur la terre ; des têtes de six pieds de diamètre et de onze pieds de longueur; des épaules larges de vingt et un pieds; des oreilles humaines de trois pieds de long et de seize pouces de large ; enfin , d'autres figures qui semblent sortir de terre , dont on ne voit que les bonnets phrygiens. Tous ces ouvrages gigantesques sont faits des matériaux les plus précieux, de marbre noir et blanc, de marbre tout noir, de marbre tacheté de rouge, de granit noir, de granit jaune, et sont chargés la
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plupart d'hiéroglyphes. Quels sentiments de respect et d'admiration devaient produire sur des peuples superstitieux ces énormes et mystérieuses fabriques , surtout lorsque dans leurs parvis silencieux on entendait, aux premiers rayons de l'aurore ,. des sons plaintifs sortir d'une poitrine de pierre , et le colossal Memnon soupirer à la vue de sa mère!
Ce fait est trop bien attesté et a duré trop longtemps pour qu'on puisse le révoquer en doute. Cependant , plusieurs savants l'ont attribué à quelque artifice extérieur et momentané des prêtres de Thébes. Il parait même que Strabon , témoin du bruit de la statue , le doone à entendre. En effet, nous savons que les ventriloques peuvent, sans remuer les lèvres , faire oùlr des paroles et des bruits qui semblent venir de bien loin , quoiqu'ils les produisent de fort près. Pour moi , quelque durable qu'on suppose l'effet merveilleux de la statue de Memnon, je le conçois produit par l'aurore, et facile a imiter sans qu'on soit obligé d'en renouveler l'artifice qu'après des siècles. On sait que les prêtres de l'Egypte faisaient une étude particulière de la nature ; qu'ils en avaient fait une science connue sous le nom de magie, dont ils se réservaient la connaissance. Ils n'ignoraient pas sans doute l'effet de la dilatation des métaux , et entre autres du fer , que le froid raccourcit, et que la chaleur allonge. Ils pouvaient avoir placé dans la ' grande base de la statue de Memnon une longue verge de fer en spirale, et susceptible, par son étendue, de se contracter et de se dilater à la plus légère action du froid et de la chaleur.
Ce moyen était suffisant pour y faire résonner quelque timbre de métal. Leurs statues colossales étant creuses en partie, comme on le voit aux sphinx près des pyramides du Caire , ils y pouvaient disposer toutes sortes de machines. La pierre même de la statue de Memnon étant, selon Pline, une basalte qui a la dureté et la couleur du fer, peut fort bien se contracter et se dilater comme ce métal , dont elle parait composée. Elle est certainement d'une nature différente des autres pierres , puisque Pocoke, qui en avait observé de toutes les espèces, dit qu'il n'en avait jamais vu de semblable. Il lui attribue un caractère particulier de pureté et de porosité qui convient en général aux pierres ferrugineuses. Elle pouvait donc être susceptible de contraction et de dilatation , et avoir ainsi en elle-même un principe de mouvement, surtout au lever de l'aurore, où le contraste du froid de la nuit et des premiers rayons du soleil levant a le plus d'action.
Cet effet devait être infaillible sous un ciel comme celui de la haute Egypte , où il ne pleut presque jamais. Les sons de (a statue de Memnon, au moment ou le soleil paraissait sur l'horizon de Thèbes, n'avalent donc rien de plus merveilleux que l'explosion du canon du Palais- Royal, et celle du mortier du Jardin du Roi, au moment où le soleil passe au méridien de Paris. Avec un verre ardent, des mèches et de la poudre à canon, on pourrait rendre, au milieu d'un désert, une statue de Jupiter foudroyante à tel jour de l'année, et rn^rne à telle heure du jour et de la nuit que l'on voudrait. Elle paraîtrait d'autant plus merveilleuse qu'elle ne tonnerait qu'en temps serein, comme les foudres à grands présages chez les anciens. Quels prodiges n'opérerait-on pas aujourd'hui sur des peuples prévenus des préjugés de la superstition , avec l'électricité , qui , au moyen d'un fil de fer ou de cuivre frappé
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d'une manière invisible, peut tuer un nomme d'un seul coup, fait tomber le tonnerre du sein de la nue, et le dirige où Ton veut dans sa chute? Quel effet ne pourrait-on pas produire avec l'aérostatique, cet art nouveau parmi nous, qui, au moyen d'un globe de taffetas enduit de gomme élastique et rempli d'un air putride huit ou dix fois plus léger que celui que nou s respirons , élève plusieurs hommes à la fois au-dessus des nuages, où les vents les transportent à des distances prodigieuses ; en leur faisant faire neuf ou dix lieues par heure sans la moindre fatigue? A la vérité, nos aérostats nous sont inutiles, parce qu'ils ne vont qu'au gré ,des vents , et que nous n'avons pas encore trouvé le moyen de tes diriger; mais Je suis persuadé qu'on atteindra un Jour ce point de perfection. Il y a, au sujet de cette invention , un passage fort curieux dans l'histoire de la Chine, qui prouve que les Chinois ont connu anciennement les aérostats , et qu'ils savaient les conduire où Us voulaient de Jour et de nuit. Cela ne doit point surprendre de la part d'une nation qui avait inventé avant nous l'imprimerie, la boussole, et la poudre à canon.
Je vais rapporter ce fait des annales chinoises en entier, afin de rendre nos lecteurs incrédules plus circonspects , lorsqu'ils traitent de faMes ce qu'ils ne comprennent pas dans l'histoire de l'antiquité ; et les lecteurs crédules moins faciles , lorsqu'ils attribuent à des miracles ou à la magie des effets que la physique moderne imite aujourd'hui publiquement.
Cest au sujet de ^empereur Ki, selon le P. le Comte, ou Kleu, selon la prononciation du P. Martini , qui nous a donné une histoire des première empereurs de ra Chine, d'après les annales du pays. Ce prince, qui régnait il y à environ trois mille six cents ans , se livra à tant de cruautés et à de si grands désordres , que son nom est encore aujourd'hui détesté à la Chine, et que lorsqu'on veut y parler d'un homme déshonoré par toutes sortes de crimes , on lui donue le nom de Kieu. Pour jouir sans distraction de ses voluptés , il se retira avec son épouse et ses favoris dans un superbe palais fermé de tous côtés à la clarté du soleil. Il y suppléait par un nombre prodigieux de magnifiques lanternes , dont la lumière lui semblait préférable à celle de l'astre du jour, parce qu'elle était toujours constante, et qu'elle ne lui rappelait point, par les révolutions du jour et de la nuit , le cours rapide de la vie humaine. Ainsi, au milieu de ses appartements toujours illuminés» il renonça au gouvernement de l'empire, pour subir le Joug de ses propres passions. Mais les peuples dont il abandonnait les intérêts s'étant révoltés , le forcèrent de sortir de sa retraite infâme, d'où il fut errant pendant toute sa vie , ayant privé , par sa conduite , ses descendants de la couronne, qui passa dans une autre famille, et laissant une mémoire en si grande exécration , que les historiens chinois ne l'appellent jamais que le Brigand , sans lui donner le titre d'empereur.
*« Cependant, dit le P. le Comte, on détruisit son palais; et, pour « conserver à la postérité la mémoire d'une si indigne action , on en « suspendit les lanternes dans tous les quartiers de la ville. Cette cou- «< tume se renouvela tous les ans , et devint depuis ce temps-là une fête « considérable dans tout l'empire. On la célèbre à Yamt-Cheou avec « plus de magnificence que nulle autre part , et l'on dit qu'autrefois
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« les illuminations en étaient si belles , qu'un empereur , n'osant quitter < ouvertement sa cour pour y aller, se mit avec la reine et plusieurs « princesses de sa maison entre les mains d'un magicien , qui promit « de les y transporter en trts-peu de temps. 11 les fit monter du- «< rant la nuit sur des trônes- magnifiques qui furent enlevés par des « cygnes, et qui, en un moment, arrivèrent à Yamt*Cheou.
« L'empereur, porté en Pair sur des nuages qui s'abaissèrent peu à « peu sur la ville, vit à loisir toute la fête ; il en revint ensuite avec la '< même vitesse et par le même équipage , sans qu'on se fût aperçu à la « cour de son absence. Ce n'est pas la seule fable que les Chinois raie content. Ils ont des histoires sur tout, car Us sont superstitieux a « l'excès; et, en matière de magie, soit feinte, soit véritable, H n'y a « pas de peuple au monde qui les ait égalés. » Mémoire sur l'étal présent de la Chine, par le P. Louis le Comte, lettre vi.
Cet empereur qui fut porté en l'air s'appelait Tarn , selon le P. Magaillans , et cet événement arriva deux mille ans après le règne de KieU , c'est-à-dire il y a environ seize cents ans. Le P. Magaillans , qui ne révoque point cet événement en doute, quoiqu'il le suppose opéré par la magie, ajoute, d'après les Chinois, que l'empereur Tarn fit faire en l'air , par ses musiciens , un concert de voix et d'instruments qui surprit beaucoup les habitants d'Yamt»Cbeou. Cette ville est à environ dix-huit lieues de Nankin, où on peut supposer qu'était alors l'empereur. Cependant s'il était à Pékin, comme Magaillans le donne * à entendre, en disant que le courrier d'Yamt-Cheou fut un mois en route pour lui porter la nouvelle de cette musique extraordinaire qu'on attribuait à des habitants du ciel, le voyage aérien fut de cent soixantequinze lieues en ligne droite.
Mais, sans sortir du fait en lui-même, si le P. le Comte avait vu en plein midi, ainsi que tous les habitants de Paris, de Londres et de plusieurs villes considérables de l'Europe , des physiciens suspendus à des globes au-dessus des nuages , portés en peu d'heures à quarante et cinquante lieues du point de leur départ, et un d'entre eux traverser dans les airs le bras de mer qui sépare l'Angleterre de la France , il n'aurait pas traité si légèrement de fable la tradition des Chinois. Je trouve d'ailleurs une grande analogie de forme entre ces trônes magnifiques et ces nuages qui s'abaissaient peu à ptu sur la ville d'Yamt-Cheou, et nos globes aérostatiques, auxquels on peut donner si aisément ces décorations volumineuses. 11 n'y a que les cygnes qui les guidaient qui peuvent nous paraître difficiles à conduire. Mais pourquoi les Chinois n'auraient-ils pu dresser au simple vol les cygnes , oiseaux herbivores .' si aisés a apprivoiser par la domesticité, tandis que nous avons instruit le faucon, oiseau de proie toujours sauvage, à attaquer le gibier, et à revenir ensuite sur le poing du chasseur? Les Chinois, mieux policés , plus ancien» et plus pacifiques que nous, ont eu, sur la nature, des lumières que nos discordes continuelles ne nous ont permis d'acquérir que bien tard; et ce sont sans doute ces lumières naturelles que le P. le Comte, d'ailleurs homme d'esprit, regarde comme une magie feinte ou véritable, dans laquelle il avoue que les Chinois surpassent toutes les nations. Pour moi, qui ne suis pas magicien, je crois entrevoir, d'après quelques ouvrages de la nature , un moyen facile de diriger ks aérostats, même contre le vent; mais je ne le publierais pas, quand
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Je serais certain du succès. Quels maux n'a pas attirés au genre humain la perfection de la boussole et de la poudre à canon ! Il ne s'agit pas de nous rendre plus savants, mais meilleurs. La science est un flambeau qui éclaire entre les mains des sages, et qui incendie entre les mains des méchants.