‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 11 sur 172 · SUR LA PORTE · texte numérisé non relu

SUR LA PORTE

Lorsque le beau visage eut souri de la sorte Offrant toute sa joie à cet homme étranger J'étais déjà très loin bien qu'encor sur la porte, J'allais partir avec un cœur presque léger.

Et voilà qu'il suffit d'une seule seconde Pour faire s'envoler tous mes renoncements. J'avais vu se pencher trop près la tête blonde Et j'avais respiré mon malheur trop longtemps.

Je n'acceptais plus rien, je voulais la reprendre ; Je retirais les mots anciens qui pardonnaient. Je l'avais si longtemps, d'une façon si tendre, Dorlottée et chérie ! elle m'appartenait !

l4 L'ŒUVRE SENTIMENTALE ET AMOUREUSE DE MAURICE MAGRE

Ce que j'avais souffert j'allais enfin le dire.

Ils sauraient que j'étais malheureux, isolé

Et que c'était ma beauté propre, ce sourire,

Que c'étaient mes bonheurs que l'on m'avait volés.

Le désespoir qui m'agitait fut-il sensible? Je vis ses yeux sans amitié fixés sur moi,.. On chuchotait un peu, j'ai salué, je crois, Et je m'en suis allé pourtant, est-ce possible?..

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