‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 112 sur 172 · A CELLE QUI VEUT ÊTRE RESPECTÉE · texte numérisé non relu

A CELLE QUI VEUT ÊTRE RESPECTÉE

Ah! pesant est l'amour des cœurs trop vertueux! Comme ils sont exigeants! qu'il leur faut de tendresse! Comme on est obligé de tout craindre pour eux! Comme ils comprennent mal nos cœurs et leurs faiblesses !

La lettre d'un ami qu'on a voulu cacher.

Un retard, un oubli suffit pour qu'ils s'alarment!

Pour un rien on a peur de les effaroucher

Et de faire couler leurs impeccables larmes.

Puis, toujours être bon et toujours repentant, A cause des défauts de son âme imparfaite! Ne pas être des deux le plus sage, et pourtant, Sous le poids du pardon, courber toujours la tête!

Ah! qu'il vaut mieux moins de noblesse et de vertu ! Que les yeux sont plus beaux des femmes ordinaires! Dans leur flamme demeure une part d'inconnu ; Leur mensonge du jour en change la lumière.

De notre vie à nous comme elles sont plus près! Elles exigent peu, sachant les cœurs arides... Nous venant de moins loin leur pitié est plus vraie... L'on sait que leur amour est périssable et vide...

Lorsque nous les trompons, au moins, c'est sans remoi Elles n'en souffrent guère en ayant l'habitude, Et nous ne tirons pas de nous avec effort Le respect, la tendresse et la sollicitude.

Un abîme d'ennui ne nous sépare pas.

Notre cœur bat plus fort auprès de ces égales. Le repos est profond qu'on goûte dans leurs bras, De toute leur faiblesse une douceur s'exhale...

J'ai peur de celle-là qui n'a jamais menti. Elle peut être indifférente, étant fidèle... L'amour est trop souvent par la vertu trahi Et la femme qui ment est toujours plus belle.

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