‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 117 sur 172 · LES AVARES · texte numérisé non relu

LES AVARES

L'on ne se dit jamais ce qu'on voudrait se dire. 11 flotte une atmosphère opaque entre nous deux, Et l'on a beau pleurer et l'on a beau sourire, L'on ne peut voir jamais la vraie flamme des yeux.

Nous portons dans nos cœurs des choses admirables, L'amitié de diamant et la tendresse d'or, Et nous donnons pourtant de la terre et du sable Et nous fermons toujours la porte du trésor.

Nous sommes l'un pour l'autre avares et cupides ; Nos mots d'amour sont secs, troués et sonnent faux ; Nos rêves, nos aveux ont des habits sordides, Nous noircissons exprès l'aile de ces oiseaux.

Lorsque l'un tend les bras, c'est l'autre qui recule. Toujours le fard, la poudre et le loup de velours. L'on frappe, sans savoir, dans un grand crépuscule, Si l'on a pu toucher sous son masque l'amour.

LES LÈVRES ET LE SECRET l6l

Cacher son cœur ! C'est un combat, toujours le même. De n'avoir pas de liens nous sommes orgueilleux. Je te dédaigne exprès, pourquoi m'aimes-tu mieux ? Pourquoi m'aimes-tu moins quand je dis que je t'aime?...

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