ON PARLE TROP TARD
Je ne te ferai plus souffrir; Je veux être toujours sincère, Et s'il m'arrive de mentir, Ce ne sera que pour te plaire.
Tu ne m'attendras plus jamais Durant des soirs, à la fenêtre, Tu sauras tout ce que je fais Et tu liras toutes mes lettres.
Tu me parleras de dentelles, De robes, tant que tu voudras; Je serai patient et fidèle.
Nous serons heureux, tu verras...
Mais pourquoi restes-tu distraite Et tes chers yeux perdus au loin?
De mes serments as-tu besoin?
A ce bonheur n'es-tu pas prêtée
l64 L'ŒUVRE SENTIMENTALE ET AMOUREUSE DE MAURICE MAGRE
Crains-tu qu'il ne dure long-temps ?
Est-il trop lourd pour tes épaules, Ou me crois-tu trop inconstant Pour empêcher qu'il ne s'envole ?
Non, si mes mots sont superflus,
La raison en est plus banale.
C'est toujours trop tard que l'on parle...
Elle ne m'aimait déjà plus...