‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 141 sur 172 · ENCORE UN TRAIN · texte numérisé non relu

ENCORE UN TRAIN

Encore un train ! C'est vous, nostalgies de septembre, Toujours vous! Chaque année, avec les vents du soir, Vous venez agiter les rideaux dans ma chambre... Je vois la pluie et le sapin dans le miroir...

Encore un train ! temps des départs! temps des voyages ! J'aperçois un mouchoir qui s'agite, un profil, Un manteau gris, plus rien. Oh ! quels sont ces visages. Ce train qui disparaît, où les emporte-t-il ?

Un groupe d'étrangers et de femmes charmantes Descendra sur le quai d'une petite gare... -- Il fait sombre déjà, les feuilles sont brillantes... Voyez donc, par endroits, la pluie a fait des mares...

Ils partiront ensemble au galop des voitures; On entendra le fouet claquer, l'air sera frais, Et l'on verra passer de rêveuses figures, Des cous minces serrés dans des plaids écossais.

Et puis, ils entreront dans des propriétés, Où des parcs, descendant au penchant des vallées. Ont de grands chênes noirs remplis de majesté, Des bosquets et des eaux de nénuphars voilées.

Et ces femmes dont les regards sont ravissants, Embellies par le froid et par la solitude, Qui mettent à leur peau les effluves du sang, Défaillent d'une tendre et chère lassitude.

Encore un train ! Pourquoi vous en aller là-bas?... Arrêtez, c'est ici que le bonheur s'abrite ! Moi aussi, je défaille et je vous tends les bras... Comme les trains vont loin ! Gomme les trains vont vite!...

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