‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 158 sur 172 · SOIR D'AOUT · texte numérisé non relu

SOIR D'AOUT

Les vents d'août finissant, les étoiles filantes, La villa de bois peint, le cavalier qui passe, Les cygnes sur l'étang, les fatigues des plantes, Les femmes blanc vêtues au loin sur les terrasses,

La traînante chanson d'un conducteur de mules, Une fraîcheur venant des ruisseaux et des roses, Les clartés de la nuit pareille au crépuscule, Dans le fauteuil de paille alanguissaient vos poses...

J'étais auprès de vous goûtant cette harmonie De la terre du soir morte dans vos prunelles, Et votre petit doigt levé par ironie, Vous m'aVez dit en souriant : La nuit est belle...

Et moi j'ai bien compris, hélas ! votre pensée : « A toutes ces beautés je suis seule sensible, Ces choses que je vois vous demeurent voilées, Mon rêve est un trésor pour vous inaccessible. »

Et voilà qu'en effet tout a changé de face.

Le muletier s'est tu, la nuit s'est faite sombre,

Et les femmes en blanc ont quitté les terrasses,

Les cygnes et les fleurs se sont perdus dans l'ombre.

Et pour avoir jugé mon âme sans noblesse, Sans ce don d'admirer que la vôtre possède, Je suis parti, sentant pleuvoir de la tristesse, Dans le vent ennuyeux, sous les étoiles laides...

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