‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 31 sur 172 · LE CADEAU · texte numérisé non relu

LE CADEAU

Quand c'est ma fête, nul ne me fait de cadeau. Si modeste qu'il soit, qu'il serait agréable, Avec son papier blanc et sa faveur vert d'eau, Mystère puéril posé là sur ma table !

Ce ne serait qu'un pauvre objet à peine lourd.

On me dirait : « Voilà... » Moi je répondrais : « Qu'est-ce ? »

Ah ! le petit présent renferme tant d'amour. Il brille de l'éclat de la délicatesse.

Et je le déferais, rougissant de plaisir.

Il serait tendre et doux comme un baiser d'amante,

Poétique et divin comme le souvenir...

Mais non, nul ne m'a fait la surprise charmante.

Une fois, cependant... ma bien-aimée a dit : « Choisis, je veux te faire un cadeau pour ta fête. » J'ai répondu : « Je ne veux rien... », tout interdit. « Au fait, je sais... » dit-elle, en secouant la tête.

Ce jour-là fut un jour de bonheur enfantin.

Je l'accompagnais donc, blotti dans ses fourrures !

Elle pensait à moi parmi les magasins !

Mon désir animait l'ombre de sa voiture !

Ce qu'elle allait porter serait un talisman Qui me conférerait une vertu magique.

Je marcherais toujours dans le rayonnement Qui sortirait du petit don. emblématique.

Mais le soir, soit caprice, oubli, que sais-je enfin ! Elle avait négligé sa promesse et, tranquille, Elle offrit seulement le baiser quotidien Et ses yeux où flottait sa tendresse subtile.

Je fus humilié, mécontent et déçu.

Était-ce étourderie ou ruse, ô blonde tête? Et plus tard seulement, en la perdant, j'ai su Le prix mystérieux de ce cadeau de fête.

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