‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 32 sur 172 · L'ATTENTE · texte numérisé non relu

L'ATTENTE

J'attends... Il n'est pas tard... Qui doit venir ? Personne. J'entends toujours des pas lorsque nous nous taisons... A qui bon écouter ? Aucun bruit ne résonne Et la rue est trop vide et le ciel trop profond.

Tais-toi. Ne me dis pas qu'au fond c'est moi qu'elle aime. Et ne me trompe pas avec des mots d'espoir Mon esprit est plus clair que le soleil lui-même, Mais il me suffirait qu'elle vienne ce soir.

Le feu parle avec des paroles étouffées. Je vois dans les rideaux les songes de minuit... Ah ! respirer soudain cette fraîche bouffée De sa robe sentant le satin et la nuit.

J'entends un pas dans l'escalier... une voiture S'éloigne et le pas monte encor, toujours, si haut !... Où va-t-il donc, ce pas, mourir dans la toiture?... Ah ! qu'on ne monte plus ! que le silence est beau !

Sur ce coupe-papier elle a mis sa main frôle... Elle disait aimer le bleu de rabat-jour... Mais pourquoi ne vient-elle pas? que craindrait-elle? Lorsque l'ombre est si douce on pardonne toujours...

Une horloge a sonné je ne sais plus quelle heure Et l'aube en grelottant a bercé la maison... Quelqu'un pleure tout bas si longuement 1 Qui pleure?

Est-ce toi, mon ami ? Non, c'est moi... Bien, dormons...

LES BELLES DE NUIT Sj

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