‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 38 sur 172 · LES CHANTS DU BAR · texte numérisé non relu

LES CHANTS DU BAR

Sur les carreaux du bar cognant ses bagues vertes S'est posé le frelon aux yeux noirs et cruels... On a mis sur l'étal quelques femmes offertes... L'ivresse luit dans l'émeraude des cocktails.

Souviens-toi! disent les violons des Tziganes Jaunes et bleus, assis sur un balcon de bois. Un pierrot en habit noir avec un crâne Enorme, sur un haut escabeau rit et boit.

Et le tutu de la danseuse dit : Oublie !

Oublie! disent ses doigts battant son tambourin.

Oublie le jeune espoir et la vieille folie,

0 pauvre homme accoudé la tête dans tes mains!

Le breuvage est couleur de ses cheveux de cuivre; Je sens encor mon cou par sa bouche mordu. Les souvenirs charnels s'obstinent à me suivre Et je suis poigardé par son baiser perdu.

Oublie ! dit le regard de la femme de plâtre, L'ivrogne balbutie et bave : Souviens-toi! La danseuse est assise à côté du mulâtre Et la large main brune a pris le buste étroit.

Cinq heures du matin à l'horloge fêlée... Le policier s'éveille et le barman s'endort. Ah! comment oublier la lumière gelée De ses yeux et le ventre avec son duvet d'or...

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