Peul-ètre faudrait-il lire liseur, — 4. Henri III
; teur^ le tiennent et le gardent fermement^ leqael
elles ont premier choysy^ tellement qu'elles ne k
veulent désemparer, et l'ayment constamment, de
•* peur qu'elle» ont de n'avoir leur liberté et commo-
/ dites d'en pouvoir recouvrer un autre comm' elles
voudroient; au lieu que les femmes mariées ou -^ vefves, qui sçavent les ruses d'amour et qui sont ex-
pertes^ et en ont leurs libertez et commodita de nager dans toutes eaux sans danger^ prennent tel party que leur plaist; et si elles se faschent d'an se^ viteur ou le perdent , en sçavent aussitost [H^eodre
' un nouveau ou en recouvrent deux; car à ellesijppor
un perdu deux recouvertz. D'avantage^ les papiims filles n'ont pas les moyens, ny les biens, ny lesispiS; pour Élire des acquestz tous les jours de noQYttoi serviteurs ; car c'est tout ce qu'elles peuvent donoff à leurs amoureux, que quelques petites favems de leurs cheveux, ou petites perles, ou grains, oa bncelletz^ quelques petites bagues ou escharpes; tf antres petitz menuz présens qui ne coust^oit gpiéi^; car^ quelque fille, comme j'ay veu^ grande ^^ bonne maison et riche héritière qui soit, dUf tti tenue si court en ses moyens, ou de ses père^ ifiBli parens et tuteurs^ qu'elle n'a pas les moyesp^^^li^ départir à son serviteur ny deslier guières IsrgO^BBt sa boui*ce, si ce n'est celle du devant : et wmfkff^ d elles-mesn^es elles sont avares^ quand ce MfiP' que ceste seulle raison qu'ils font estre honncf^ ^wl^ n'ont guières de quoy pour eslargir' ; car la VbèaSié consiste et dépend du tout des moyens ; au liea ^
i . Eslargir^ faire des largesses.
les femipes et vefVes peuvent disposer de leurs moyens fort librement^ quand elles en ont : et mesmes quand elles ont envie d'un homme, et qu'elles s'en viennent enamouraeher et eneapricher, elles vendroient et donneroient jusques à leur chemise, plustost qu'elles n'en tastassent; à manière des firiands et de ceux qui sont subjetz à leur bouche, quand ilz ont envie d'un bon morceau, faut qu'ilz en tastent, quoy qu'il leur couste au marché. I^s paouvres filles ne sont de mesmes, lesquelles, selon qu'elles le rencontrent, ou bon ou mauvais, il faut qu'elles s'y arrestent.
J'en alléguerois une infinité d'exemples de leurs amours et de leurs divers appettitz et bizarres jouissances; mais je n'aurois jamais finy, et aussi que ces contes n'en vaudroient rien si on ne les nommoit et par nom et par surnom, ce que je ne veux faire pour tout le bien du monde, car je ne les veux escandaliser, et j'ai protesté de fuir en ce livre tout escandale, car on ne me sçauroit reprocher d'aucune mesdisance. Et pour alléguer des contes et en taire les noms, il n'y a nul mal, et j'en laisse à deviner au monde les personnes dont il est question; et bien souvant en penseront Tune, qui en sera l'autre.
Or, tout ainsi que l'on void des bois de telle et diverse nature , que les uns bruslent tous vertz , conmie est le fresne, le fayan^ et d'autres, qui auroient beau à estre secz, vieux et taillez de longtemps, comme est l'hourmeau, le vergne" et d'autres, ne bruslent qu'à toutes les longueurs du monde; force
i. Fayan^ hêtre. — 2. Vergne^ aune.
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autres, comme est leur général naturel de tous bois secz et vieux, bruslent en leur seieheresse et vieillesse si soudainement, qu'il semble qu'il soit plustost consommé et mis en cendre que bruslé : de mesme soDl les filles, les femmes et les vefVes : les unes, dès lors qu'elles sont en la verdeur de leur aage, bruslent aisément et si bien, qu'on diroit que dès le ventre de leur mère elles en raportent la challeur amoureuse et le putanisme; ainsi que fit la belle Lays de la b^Ty* mandre, sa putain de mère très-insigne, [et] centnuQe autres qui tiennent en cela de leurs bonnes vessesde mères, jusques-là qu'elles n'attandent pas seullemeot Taage de maturité, qui peut estre à douze ou tfcîie ans, qu'elles montent en amour, mays plus tost; aunsi qu^il advint n*y a pas douze ans à Paris, d'une Vk d'un pastissier, laquelle se trouva grosse enl'aagede neuf ans; si bien qu'estant fort mallade de sa grdflli son père en ayant porté de l'urine au médecin, k^ médecin dist aussitost qu'elle n'avoit autre wiaîj^il^ sindn qu'elle estoit grosse. « G>mment ! respcmdiîà « père, monsieur, ma fille n'a que neuf ans. » Qâ fut esbay? ce fiit le médecin. « C'est tout un, S^ «r pour le seur, ell' est grosse. » Et Payant visitée 4i plus près, il la trouva ainsi; et ayant confessé âlgi qui elle avoit heu affaire, son gallant fut poBy^ mort parla justice, pour avoir eu affaire à elle eoif. aage si tendron, et l'avoir faite porter si jeûnèrent Je suis bien marry qu'il m ait falu apporter «A aialfe' pie et le mettre icy, d'autant qu'il est d'une persamaê privée et de basse condiction, pour ce que j'ay dâf^ béré de ne chaffourer mon papier de si petlites per sonnes, mais de grandes et hautes.
Je me suis un peu extravagué de mon desseing^ mais^ parce que ce conte est rare et inusité^ j'en seray excusé; et aussi que je ne sçache point tel miracle advenu (j'entends pour avoyr été mis en évidance) à nos grandes dames d'estat^ que j aye bien sceu, ouy bien qu'en tel aage et de neuf ^ de dix ^ de douze et treize ans, elles ayent porté et enduré fort aysément le masle, soit en fornication^ soit en mariage, comme j'en aUéguerois plusieurs exemples de plusieurs desvirginées en telles enfances, sans qu'elles en soient mortes^ non pas seullement pasmées du mal, sinon du plaisir.
Sur quoy il me souvient d'un conte d'un gallaiit et brave seigneur s'il en fut onc, lequel est mort; et, se plaignoit un jour de la capacité de la nature des filles et femmes avec lesquelles il avoit négotié* Il disoit qtt'à la fin il seroit contraint de rechercher les filles enfantines, et quasi sortans hors du berceau, pour n'y sentir tant de vague en si plaine mer, comme il avoit fait avec les autres, et pour plus à plaisir nager à un destroit. S'il eust adressé ces parolles à une grande et Iionneste dame que je cognois, elle luy eust fait la tnesme responce qu'elle fist à un gentilhomme de par le inonde, qui, luy faisant une mesme complaincte, elle luy respondit : « Je ne sçay qui se doit plustost « plaindre, ou vous autres hommes de nos capacitez « et amplitudes, ou nous autres fenmies de vos pettia tésses et minuitez*^ ou plustost pettites menues « menuseries; car il y a autant à se pleindre en vous ce autres que vous en nous. Que si vous portiez vos
i. Mimttité, exiguit^.
« mesures pareilles à nos callibres , nous n'aurions <r rien à nous reprocher les uns aux autres. »
Celle-là parloit par vraye raison ; et c'est pounpioy une grande dame^ un jour à la court, regardant et contemplant ce grand Herculez de bronze qui est en la fontaine de Fontainebleau^ elle estant tenue souk les bras par un honneste gentilhomme qui la condoisoit, elle luy dist que cest Herculez, encor qu'il fiisl très-bien fait et représenté, si n'estoit-il pas si bien proportionné de tous ses membres comme il Moit, d'autant que celluy du mitan estoit par trop petit et par trop inégal, et peu correspondant à son gnod collosse de corps. Le gentilhomme luy responditqo'ii n'y trouvoit rien à dire de ce qu'elle disoil, d'aotuit qu'il failoit croire que de ce temps les dames ne Favoient si grand comme du temps d'aujourd'hoj.
Une très-grand' dame et princesse* ayant sceuque quelques-uns avoient imposé son nom à une ffosst et grande coUovrine, elle demanda pourquoy.Djen eut un qui respondit : « C'est par ce, madaae, (( qu'elle a le callibre plus grand et gros que les m- « très. »
Si est-ce pourtant qu'elles y ont trouvé assex remèdes, et en treuvent tous les jours assez pour rend» leurs portes plus estroictes, sarrées et plus msA-wies d'entrées; dont les aucunes en usent, et d'au très non; mais nonobstant, quand le chemin y est bien batta et frayé souvant par continuelles habitations et fi^ quentations, ou passages d'enfans, les ouvertii|«s<k plusieurs en sont tousjours plus grandes et plus ta*-