Marie Stuart. — 3. Octave Farnèse
Mais tous ces beaux motz et belles raisons ne h peurent aucunement consoller^ ny moins luy bm suporter son ennuy patiemment. Par quoy^ après avoir fait sa révérance, tousjours jettant force larmes précieuses, se retira en sa chambre, où le roy Talla conduire jusques à ]a porte; et, le lendemain avant partir, l'alla revoir en sa chambre, et prendre congé d'eUe, sans obtenir de luy autre chose sur sa reqneste. Ains, ayant veu partir à sa veue son cher filz, et mener en France, elle résollut, de son costé, de quider la Lorraine, et se retirer en Flandres vers son oncle l'empereur (quel beau mot!) et vers son cousin le roy Philipes et les reynes ses tantes (quelles alliances et tiltres!), ce qu^elle fit ; et n'en bougea jusques amprès la paix faite entre les deux roys, que oelliiy d'Espaigne passa la mer, et s'y en alla.
A ceste paix, elle y servit beaucoup, voire du tout: car les députez, tant d'une part que d'autre, k ce que j'ay ouy dire, après s'estre beaucoup peinez ei consumez à Cercan plusieurs jours, sans y rien ùin ny arrester, estans tous en deffaut et hors de qoesie, à mode de veneurs, elle, ou qu'elle fust instmte* d'un esprit divin, ou poussée de quelque bon lele chrestien et de son bon esprit naturel, entreprenant la chasse de ceste grand' négociation, la conduisit si bien que la fin s'en ensuivit si heureuse alors par toute la chrestienté. Aussi ne se pouvoit-il trouver personne, ce disoit-on, plus propre pour remuer et asseurer ceste grand' pierre; car ell' estoit une dame très-habile et très-advisée s'il en fiit onc, et de bette