Du connétable de Bourbon. — 3. Le 15 avril
<» dames qu'il en fut onc en France^ luy respondit fort
honnestement, non point par un grand £aitras de pa- ] rolies^ ny en forme d'arangue longue, comme h
'^ représente Paradin en son Histoire de France * ; car,
i de soy et de son naturel , il n'estoit point tant {xoi-
^, lixe^ ny copieux en propos et concions, ny si grand
harangueur. Aussi n'est-il besoing, ny n'est Inen séant, qu'un roy contreface «n son dire le philosophe ou le grand orateur; et les plus courtes parolles et briefves demandes et responces luy sont les malleures et plus séantes, ainsi que j'ay ouy dire à de grands personnages comme à M. de Pibrac, de qm rinstruction en estoit très-bonne pour la grand' soffisance qui estoit en luy. Âussi^ quiconques lira œste harangue de Paradin, Ëdte en tel endroit^ ou piésumée d'estre foi te par le roy Henry, n'en croira ika; et aussi que j'ay ouy dire à plusieurs grands^ qui estoient présentz qu'il n estendit tant sa responce, nj son discours, comme il dit. Bien est-il vray <pfl la consola fort hounestement et modestement sur sa désolation prétendue ; et qu elle n'avoit nul snliyet de s'en donner peine, puisque, pour asseurer sob estat^ et non pour inimitié particullière^ il Yooloil avoir son fîlz auprès de luy^ et le mettre avec son filz ayné , pour prendre nourriture avec luy^ ci mesmes façons de vivre, et mesme fortune ; et, pqbqu'il estoit des François extrait^ et luy François, il n^ pouvoit estre mieux qu'estre nourry en la court de France et parmy les François^ où il avoit tant de parans et amys; et^ surtout n'oublia de dire que
i maison de Lorraine estoit à celle de France oblige plus qu^à maison de la chrestienté^ luy allégant obligation du duc de Lorraine contre le duc harles de Boui^oigne^ qui fut tué devant Nancy : ont c'estoit une maxime infalible de croire que, ms la France, il eust ruiné et le duc de Lorraine et i duché, et l'eust rendu le plus misérable prince du londe. Dont par là parressoit à qui plus la maison e Lorraine estoit tenue, ou à celle de France ou à elle de Bourgoigne , en ce luy donnant une petite ttaque ' qui se doubtoit d'elle qui en estoit alliée et ui penchoit de ce costé, et pourroit faire pencher >n filz, et Vy nourrir; et pour ce s'en vouloit asseu- 3r. Il luy allégua aussi Tobligation que ceux de laite maison de Lorraine avoient aux François, pour voir estez si bien assistez d'eux aux conquestes de la uerre saincte, de Hiérusalemy royaume de Naples t Scicile. Il raporta aussi comme son naturel ny mbition ne tendoit point à ruiner ny à deffaire les rinces, mais à les secourir du tout, estans en afflicion, ainsi qu'il avoit fait à la petite reyne d'Ecosse*, roche parante de son filz, au duc de Parme ', et rAllemaigne, si opressée qu'elF alloit tumber à »as sans son secours; et, par mesme bonté et généosité, vouloit-il avoir en sa protection ce petit jeune ►rince lorrain , pour le haut eslever plus qu'il n'esoit, et le faire son filz en lui donnant une de ses lies ; et, par ce, ne devoit-elle s atrister.
i . C'est-à-dire : en lui faisant ainsi un petit reproche qu'il se léfiait d'elle.