‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 172 sur 217 · Advisement^ jugement · texte numérisé non relu

Advisement^ jugement

3, Paradin, ihid.^ chap. lxzxyi.

courtoisie^ et celle aussi de la marquise de Montierrat, une très-honneste dame aussi et très-belle, recevoit bien au long la courte honte, et s'en retournoit de son demy voyage qu'il avoit entrepris sans argent, ayant pis fait qu*un évesque de France qui alla au concilie de Trente sans aident ny sans htin. Quel embarquement sans biscuit ! Mais il y a bten différance de l'un à l'autre; car ce qu'en fit l'un, ce fut par une générosité belle et grande ambition qui luy fermoit les yeux à toutes incommoditez, ne trouvant rien impossible à son brave cœur; mais à Ttotre failloit esprit et habilité, péchant en cela par ignorance et bestise^ si ce n'estoit qu'il se fioit à &ire h queste estant là.

En ce discours de ceste belle entrée que viensdire, est à noter la superbeté des accoustremens de eetfe princesse^ qui sentoit un peu plus sa femme maniée (ce dira-on) que sa vef^e. Sur quoy les dames akn disoient que, pour un si grand roy, elle se poovoit dispenser jusques-là, encor qu'il ne fîist de besong autrement de dispence, et aussi que les grands et grandes se donnent la loy, et que de ce 4emps ks vefves, se disoit-on, n'estoient si ressarrées ny re&rmées en leurs habitz comme elles l'ont esté deqNBS quelques quarante ans, qu'une grande dame que je sçay S laquelle, estant fort aux bonnes grâces d'os roy, voire en délices , s'habilla un peu plus à la modeste, mais de soye pourtant tousjours^ affin qu'eUe peust mieux adombrer et cacher son jeu ; et, par ainsi, les vef^es de la court la voulant immiter en fiûsoîeiit

i. Diane de Poitiers.

f mesmes qu'elle. Si ne se refformoitpelle point tant^ r si à l'austérité, qu'elle ne s'habillast gentiment et impeusementy mais tout de noir et blanc; et y par^ ssoit plus de mondanité que de refformation de lufVe^ et surtout monstroit tousjours sa belle gorge. )uys dire à la reyne^ mère du roy Henry lU, au sae et aux nopces du roy Henry 111% mesmes choses : le les vefVes du temps passé n'avoient si grand esrd à leurs habitz, modesties^ ny actions^ comme ijourd'huy; ainsi comm' elle avoit veu du temps 1 i*oy François, qui vouloit sa court libre en tout;

mesmes que les vefves y dansoient, et les prenoiti aussi librement que l'on faisoit les filles et femmes ariées ; et le dist sur ce poinct qu'elle commanda

pria M. de Vaudemont* de prendre, pour honnor la feste, madame la princesse de Condé la douaisre* pour danser; ce qu'if fit pour luy obéir, et la ena le grand bal : ceux qui estoient au sacre comme oy l'ont veu, et s'en pourront bien souvenir. Voylà îs libertez qu'avoient les vefves pour lors. Aujourhuy cela leur est deffimdu comme sacrilège, et >mme les couleurs, car elles n'oseroient porter ny babiller que de noir et blanc; et leurs jupes ou collons peuvent-elles bien porter, et leurs chausses, de îs, tané, viollet et bleu. Aucunes ay-je veu qui se mt esmancipées sur le rouge, incarnat et couleur de lamois, ainsi que le temps passé; car elles pouvoient

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