‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 210 sur 217 · Le duc Henri de Guise et son frère Mayenne · texte numérisé non relu

Le duc Henri de Guise et son frère Mayenne

tous et conduisoient la barque^ je yis un jour qu'il leur en parloit^ leur racontant de son voyage et les plaisirs qu'il avoit receuz là, et les Êiveurs : ilz touloient fort qu'il reffist encor le voyage et y retournast encor; et luy eonseilloient de donner là, car le pape en eust aussitost donné la dispense de la etovL ^ : et, sans ces mauditz troubles^ il y alloit et en fust sorty, à mon advis^ à son honneur et contentement Ladite princesse l'aymoit fort, et m'en parla en trèsbone part, et le regreta fort, m'interrogeant de sa mort, et comme esprise, ainsi qu'il est aisé, en telles choses, à un homme un peu clairvoyant le cognoistre.

J'ay ouy dire un' autre raison encor à une personne fort habille, je ne dis fille ou femme, et possible Favoit-elle expérimenté : pourquoy les filles aucunes sont si tardives de se marier. Elles disent que c'est propter mollitiem. Et ce mot mollities 5*10terprette qu'elles sont si molles, c'est-à-dire tant amatrices d'elles-mesmes et tant soucieuses de se délicater et se plaire seulles en elles-mesmes, ou bien avecques d'autres de leurs compaignes, à la mode lesbienne, et y prennent tel plaisir à part elles, qu'elles pensent et croyent fermement qu'avec les hommes elles n'en sçauroient jamais tant tirar de plaisir : et, pour ce, se contentent-elles en leurs joyes et savoureux plaisirs, sans se soucier des hommes, ny de leurs acointances, ny mariages.

Ces filles ainsi vierges et pucelles fussent estées jadis à Rome fort lionnorées et fort privillégiées, jusques-là que la justice n'a voit esgard' sur dfles à les

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