Des vœux de chevalier de Malte. — 2. Esgardy puisianoe
sentencier à la mort : si bien que nous lisons que, du temps du triumvirat S il y eut un sénateur romain parmy les proscritz^ qui fut condempné à mourir, non luy seulement, mais toute sa lignée de luy procréée; et estant sur l'eschafiaud représentée une sienne fille fort belle et gentille, d'aage pourtant non mevœ et encor trouvée pucelle, il falut que le bourreau la despueellast et la desvirginast luy-mesme sur l'eschaffiiud ; et puis ainsi polue la repassa par le Cousteau. L'empereur Tibère " se délecta à faire ainsi desvirginer publicquement les belles filles et vierges, et puis les faire mourir : cruauté certes fort villaine. Les vestales de mestne estoient fort honnorées et respectées, autant pour leur virçinité que pour leur relligion : car^ si elles venoient le moins du monde à fallir de leurs corps, estoient cent fois plus punies rigoureusement que quand elles n'avoient pas bien gardé le feu sacré ; car on les enterroit toutes vives avec des pitiez effroyables. Il se list' d'un Albinus, Romain, qui, ayant rencontré hors de Rome quelques vestalles qui s'en aUoient à pied en quelque part, il commanda à sa femme de dessendre avec ses enfans de son chariot pour les y monter à parfaire leur chemin. Elles avoient aussi telles authoritez que bien souvant sont-elles estées creues et entremeteuses *
1. Lisez : sous Tibère, car il s^agit de la fille de Séjan. Voyez Dion Cassius, livre LVIII, chap. xi.
â. ce Immaturae puellae , quia more tradito nefas esset virgines strangulari, vitiatas prias a carnifice, dein strangulatae. » Suëtone, Tiberius^ chap. lxi.