Il a déjà été qnesdon de cet auteur et de son livre
femmes quand elles sont pleines, comme font les animaux^ que de souiller le mariage par de telles vilainies.
J'ay cogneu une fameuse courtisanne à Rome, dicte la Grecque, qu'un grand seigneur de France avoit là entretenue. Au bout de quelque temps, il luy prit envie de venir voir la France, par le moyen du seigneur Bonvisi, banquier de Lion, Lucquois trèsriche, de laquelle iV estoit amoureux; où estant, elle s'enquit fort de ce seigneur et de sa femme, et, entr'autres choses, si elle ne le faisoit point cocu, « d'autant, disoit-elle, que j'ay dressé son mary de a si bel air, et luy ay appris de si bonnes leçons, « que les luy ayant montrées et pratiquées avec sa c femme, il n'est possible qu'elle ne les ait voulu « monstrer à d'autres; car nostre mestier est si chaud, « quand il est bien appris, qu'on prend cent fois a plus de plaisir de le monstrer et pratiquer avec a plusieurs qu'avec un, » Et disoit bien plus, que cette dame lui devoit faire un beau présent et condigne de sa peine et de son sallaire, parce que, quand son mary vint à son escholle premièrement, il n'y sçavoit rien, et estoit en cela le plus sot, neuf et apprentif qu'elle vist jamais; mais elle l'avoit si bien dressé et feçonné, que sa femme s'en devoit trouver cent fois mieux. Et de fait cette dame, la voulant voir, alla chez elle en habit dissimulé; dont la courtisanne s'en douta et lui tint tous les propos que je viens de dire, et pires encor et plus desbordez, car elle estoit courtizanne fort débordée. Et voilà com-