SUR LES DAMES QUI FONT L AMOUR ET LEURS MARIS COCUS
D'autant que ce sont les dames qui ont fait la fondation du cocuage^ et que ce sont elles qui font les
4 . La seconde partie des Dames a paru pour la première fois à Leyde, Jean Sambix le jeune , 1666, 2 vol. in-12, sous le titre de Dames galantes^ titre que Brantôme n'aurait jamais songé à employer, et que nous supprimons, bien qu'il ait été adopté dans toutes les éditions.
Nous n'avons point de manuscrit original pour cette partie des Dames. Nous suivrons, en y corrigeant quelques fautes, le texte de la copie conservée dans le fonds Dupuy, n* 608.
i. Dans la préface de la première rédaction de Brantôme, ce
hommes cocus, j'ay voulu mettre ce discours parmy ce livre des dames, encore que je parleray autant des hommes que des femmes. Je sçay bien que j'entreprens une grand' œuvre, et que je n'aurois jamais fait si j'en voulois monstrer la fin; car tout le papier de la chambre des Comptes de Paris n'en sçauroit comprendre par escrit la moitié de leurs histoires, tant des femmes que des hommes. Mais pourtant j'en escriray ce que je pourray, et, quand je n'en pourray phis. je quitteray ma plume au diable, ou à quelque bon compagnon qui la reprendra; m'excusant si je n'observe en ce discours ordre ny demy, car de telles gens et de telles femmes le nombre en est si grand, si confus et si divers, que je ne sçache si bon sergent de hattaille qui le puisse bien mettre en rang et ordonnance.
Suivant donc ma fantaisie, j'en diray comme il me plaira, en ce mois d avril qui en rameine#a saison et venaison des cocus : je dis des branchiers*, car d'autres il s'en fait et s'en voit assez tous les mois et saisons de l'an.
Or, de ce genre de cocus, il y en a force de diverses espèces ; mais de toutes la pire est, et que les
discours est analysé ainsi : « Le premier (Discours) traite de l'amour de plusieurs femmes mariées, et qu'elles n en sont si blasraables comme Ton diroit pour le faire ; le tout sans rien nommer et a motz couvertz. » (Voyez tome I, p. 3.) — Sans rien nommer^ c'est-à-dire sans nommer personne.
Le titre de ce discours a été tronqué et altéré dans les éditions antérieures, sauf dans celle de M. Monmerqué.