‹ Œuvre complètes (volume 2)Chapitre 6 sur 217 · Branchitr ^ qui jierche sur les branches; c'est-à-dire le · texte numérisé non relu

Branchitr ^ qui jierche sur les branches; c'est-à-dire le

dames craignent et doivent craindre autant^ ce sont ces fols, dangereux, bisarres, mauvais, malicieux, cruels, sanglants* et ombrageux, qui frappent, tourmentent, tuent, les uns pour le vray, les autres pour le faux, tant le moindre soupçon du monde les rend enragez; et de tels la conversation' est fort à fuir, et pour leurs femmes et pour leurs serviteurs. Toutesfois j'ay cogneu des dames et de leurs serviteurs qui ne s'en sont point soucié; car ilz estoient aussi mauvais que les autres et les dames estoyent courageuses, tellement que si le courage venoit à manquer à leurs serviteurs, le leur remettoyent; d'autant que tant plus toute entreprise est périlleuse et escabreuse, d'autant plut se doit-elle faire et exécuter de grande générosité. D'autres telles dames ay-je cogneu qui n'avoyent nul cœur ny ambition pour attenter' choses hautes, et ne s'amusoyent du tout qu'à leurs choses hasses : aussi dit-on : lasche de cœur comme une putain.

J'ay cogneu une honneste dame, et non des moindres, laquelle, en une bonne occasion qui s'offrit pour recueillir la jouissance de son amy, et luy remonstrant à elle l'inconvénient qui en adviendroit si le mary, qui n'estoit pas loin, les surprenoit, n'en fit plus de cas, et le quitta là, ne Testimant hardy amant, ou bien pour ce qu'il la dédit au besoin : d'autant qu'il n'y a rien que la dame amoureuse, lorsque l'ardeur et la fantaisie de venir là luy prend.

j. Sanglants^ sanguinaires.

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