‹ Œuvre complètesChapitre 12 sur 267 · Voyez Vallès, f>« 230, 23J · texte numérisé non relu

Voyez Vallès, f>« 230, 23J

3. Far. Je croy que le cardinal Hypolîte de Médicis pou» voit estre à luy, mays il estoyt un brave homme et fort martial plus qu'ecclésiastique ; il mena en Hongrie les forces d'Ytalie à l'empereur, et le tenoit-on pour lors plus propre pour les armes que pour le chapeau rouge qui le vouloyt quiter, ainsin que j'ay ouy dire à aucuns anciens en Italie, qui l'avoient veu. Il mourut aussy fort jeune et fort regreté du pape et de tout le monde. U estoit mutin, fort escalabrous; il le montra à Tempereur au retour du voyage d'Hongrie; mays l'empereur le luy rendit bien. Je tiens ce conte de cy-dessus dudict Jannin des Espaigxiolz, qui le louent très-fort. (Ms. 6694, t* 78, v*».) — Dans la première rédaction, ceci est suivi des articles Le Couronnel Fransberg Jliprand Madruzzje^ qui figurent dans notre premier volume. Puis vient l'article André Dario^ que l'on trouvera plus loin, p. 29.

Le cardinal Hippolyte de Médicis, mort en i 535, était fils naturel de Julien de Médicis, frère de Léon X.

4. Cosme I, né le 11 juin i5i9, duc de Florence en 4537, créé

LE GRAND COSME DE MÉDIQS. if

luy' de sa femme, très honneste et sage dame, la seignora Maria Salvyaty*, mi brave fdz comme le père, qui fut ce grand G)sme de Médicis que nous avons veu de nos temps si renommé et si grand homme d'estat, si sage et si advisé, qu'il ne s'en est veu un pareil à luy de nos temps, ainsi qu'il le monstra lors qu'il se fit et installa chef de la république de Florence, et puis duc, et puis grand duc, qu'aucuns appelloient grand duc de Toscane, d'autres grand duc simplement.

De raconter sa valeur, son assurance, sa prudence et son sage temporisement, comme il parvint à ceste principauté n'ayant que dix huict ans, ce seroit chose superflue et redicte à moy, puis que Paulo

grand-duc de Toscane par Pie V, le !•' septembre i569, mort en avril iS74.

1 . Var. n layssa de sa famé, Maria Salvad, ce grand Ck»sme, (jue nous avons ven très grand homme en lont, bien que ponr sa personne il n'ayt esté en grandes guerres, car il fist et acheva les siennes contre les banis de Fleurence par ses lieutenants. Il ne se trouva point au siège de Sienne, uy en autres lieux, en quoy ne le faut arguer de couardise, car il estoit brave et vaillant comme sa belle et martiale façon le monstroyt; il n'osoyt abandonner sa ville principale de peur de trahison, ayant à se garder beaucoup des traistres qui le guestoyent jusques à un jour qu'aymant fort à se baigner dans le fleuve d'Amo, car il nagojrt des mieux et se jettoy t souvent du haut du pont en bas dedans l'eau, l'on y avoit placé des e»pées la pointe en Fair (// y a ici quelques mots rognés par le relieur),,., il s'alloit jetter dans les pointes. En6n il avoyt beaucoup à se garder. (Ms. 6694, f" 78, t°.) Ce passage écrit en marge de la main de Brantôme est biffé.

2. Sa F'ie a été publiée par Giovanni Francescbi, Rome, 1 545, in-4, et son Oraison funèbre a été prononcée et publiée par Bene* detto Varchi, Florence, 1549, in-8; ces deux opuscules sont trèsrares.

Jovio en a faict le discours aussi beau qu'il est possible. Je diray seulement .un mot^ : qu'ainsi qu'il aspiroit à ceste principauté, un jour qu'il partit de sa maison pour en sçavoir la résolution du conseil qui se tenoit pour cet affaire, sa mère le voulut retenir pour l'empescher de ceste attente, craignant qu'il ne luy en arrivast mal, veu que les Florentins ne désiroient rien tant que le recouvrement de leur liberté, et qu'il luy en pourroit arriver pareil inconvénient qu'au duc AUexandre* : « Ah ! ma mère, lui dist-il, laissez, je vous prie, de ne me persuader plus. Il faut résolument que j'aille où la fortune m'appelle, en me monstrant benignement quasi au doigt l'occasion pour venir à ceste souveraine dignité, qui est très honnorable et très nécessaire à toute nostre maison. Que si j'en perdz l'occasion et n'en fais compte, elle n'est plus pour retourner après moy. Il ne faut pas qu'une peur et une vaine appréliention m'empesche d'entendre à moy et à mon proffit, veu que ce n'est point contre le ciel de quoy j'aspire à un tel bien qui se présente, pour vertueusement et vaillamment faire véritable mon destin fatal. » Belles parolles certes et courageuses !

Il disoit cela se souvenant qu'un devin grec* (je ne

i . Brantôme, daus tout ce passage, n'a fait qu'arranger un peu la traduction de P. Jove par D. Sauvage, liv. XXXVI, tome II, p. 357.

2. Alexandre de Médicis, créé chef de la république florentine en 1532, assassiné le 6 janvier 4537 par Lorenzino, dit Lorcn^ zaccioy de Médicis, son cousin. Gôme lui succéda. Voyez El crudele e gran lamento cht frà se fa Lorenziano che ammazà tillus-' trissimo duca Àlessandro dé* Medici; s. d. 8, très-rare.

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