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Voyez P. Jove, ibid.^ p

LE GRAND œSME DE MEDICIS. 13

sçay si c'est celuy que je luy ay veu, ou son père), très singulier en cet art, luy regardant la main, luy avoit prédict une succession de très grande dignité et opulante; comme de faict le devin n'y fallit ny la fortune, car il fut pour le commancement créé chef de la république de Florance, n'ayant pour son estât que douze miir escus par an, que son prédécesseur en avoit dix huict millet

Pour fin, ce brave prince se comporta si bien avec son temporisement, sa conduicte, sa prudence et sa valeur, qu'avec le temps il se rendit paisible duc de Florance, non sans grand peine et travail pourtant, à cause des bannis de Flourance, et surtout des Estrozzians', Philippe, ses enfans et autres, desquelz il vint à bout en fin, comme j'en parle ailleurs.

Et ce qui luy ayda fort, c'est la vangeance qu'il fit de la mort de son prédécesseur, AUexandre de Médicis, sur le parricide, qui s'en estant enfuy en France, le roy François ne le voulut recevoir ni receller, tant il estoit magnanime; puis s'estant retiré en Constant!noble, ayant senty le vent que ce grand sultan Solyman le vouloit livrer à la vangeance pour l'énormité du faict, s'enfuyst à Venise; où estant retiré, fut tué* par deux déterminez soldatz de Volterre; où il y en a tousjours de bons; l'un s'appelloit Bebo*, qui avoit

i. Voyez P. Jove, ibid.^ p. 359.

2. Partisans des Strozzi. — Philippe Strozzi, né en 1488, tenta en 1 537 derentrer dans Florence à la tête d'une troupe d'émigrés, Pistoie, et pris à Montemurlo , puis enfermé dans la citadelle de fut battu où il se tua en 1538. Ses deux fils, Pierre et Philippe, se distinguèrent au service de la France.

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