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tyrans, qui pilloient et niynoient tous leurs pauvres peuples et subjectz par un* infinité de concussions, rançonnemens et pilleries; si qu'enfin il les mena si bien et beau qu'il les réduist au petit pied. Il réduisist la Romagne, Boulloigne, Ravanne, Civita Castellano, qu'il fortiffia par le moyen de son père de telle sorte, et la ville et cliasteau, que je pense n'avoir veu jamais place de terre ferme plus forte que celle-là. Si bien que les Ferruccys, qui paradvant la tenoient en subjection, n'osarent oncques plus remuer ny lever la teste. Plusieurs autres places remit-il en Testât ecclésiastiq, qu'il ne se parla oncques plus après de ces petis tyranneaux, dont l'église luy en eust ceste bonne obligation^
 propos de ces tyranneaux^ il faut que j'en die ce mot. Et voulez-vous un plus grand, quasi en ces me»mes temps, que Sigismond Mahtesta, seigneur d'Âremini', grand homme de guerre certes, mais très mal condictionné, qui, ne se contentant de faire mille maux aux hommes, il s'addressa à ses propres femmes ? La première fut fille du conte de Crimignolla', qui luy porta un très beau et très grand mariage^, belle et bien honneste. Après son père mort, il la répudia. Mais passe celuy-là; car il fit mi^ux envers eUe qu'il ne fit à la seconde, fille de NicoUas d'Est, duc de Ferrare, très sage femme, bonne et chaste; il la fit