‹ Œuvre complètesChapitre 129 sur 267 · Mariage y dot · texte numérisé non relu

Mariage y dot

mourir de poison V La troisième fut fille de Francisque Sforoe, duc de Milan', une très belle femme aussi; pour coipbler la mesure de ses meschancettez, il Testrangla de ses propres mains.

Or, si la fortune eust rit autant à ce Yalantin' sur la fin que sur le conmiancement , ne faut doubter qu'il eust tout gardé pour luy, et faict fort petite part dé tout son butin à Monsieur Sainct-Pierre, tant il estoit ambitieux et avare.

On dict que le dragon se faict et se forme d*un gros serpent, dévorable qu'il est, en dévorant et mangeant plusieurs autres serpens et serpenteaux. Et, pour ce, on donna à cedict Caesar pour devise un dragon dévorant plusieurs serpens, avec ces motz : Unius cornjiendium^ alierius stipendium. Ainsi devint et accreust jadis Rome par les ruynes de la ville d'Albe; et ainsi ledict Caesar devint opullant et enrichy des despouilles de ces tyranneaux. Et le pouvoit*on brocquarder de mesmes, comme fit le roy Louys XI*, une fois l'un de ses capitaines, qui en ses guerres avoit picouré quelques callices et vieilles reliques d'églises d'or et de perles et pierreries : il en fit faire un fort beau et riche collier, qu'il portoit ordinairement au col. Et ainsi qu'il psAit un jgur devant Sa Magesté et

i . Genefve, fiUe de Nicolas ni, marquis d'Esté, et de Lanra Malatesla. Sa chasteté,Vantée par Brantôme, n'était pas tellement à répreuve qu'elle ne fût convaincue d*aduhère par son mari qui la fit mourir. Elle chassait de race, du reste, car sa mère, Laura Malatesta, dite Parasinay avait éprouvé le même sort et pour la même cause.

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