Son arrière petite-fille
CiESAR BORGIA. 209
quis que les autres, ou de ses belles et riches pierreries pour sa maîstresse et pour d'autres, ou pour quelques bulles et belles indulgences de Rome, ou pour quelques sainctes reliques (disoit aussi le monde). Puis après, venoient trente gentilz-hommes, vestuz de drap d'or et de drap d'ai^ent. C'estoit trop petite trouppe aussi (disoit la court), veu le grand attirail précédent. Il en falloit, pour le moins, cent ou six vingtz, yestuz à la mode de France, les autres à celle d'Espaigne.
Item^ avoit trois menestriers, c'est asçavoir deux tabourins et un rebec (dont Ton en usoit fort de ce temps), comme aujourd'huy font les grandz seigneurs d'Ailemaigne et généraux d'armées, qui usent de leurs cymballes quand ilz marchent, ainsi que fit le baron Dosne ' par grand' obstentation ; mais ce brave grand M. de Guyse les luy cassa, et en fit taire le son à sa grand* honte.
J'ay veu ce grand roy de Navarre Anthoine, père à nostre roy, en user de mesmes, à l'imitation d'Allemaigne, lorsqu'il fut lieutenant* général du roy Charles IX*, quand il marchoit; ce qu'il faisoit beau voir, à la guerre, sonnans tousjours devant luy ; et nous en donnoit beaucoup de plaisir en chemin, qui nous souUageoit d'autant. On disoit que le duc de Saxe • luy en avoit faict présent.
Pour retourner encQr à la musique dudict Caesar Boi^a, ces deux tabourineurs de cy-dessus estoient vestuz de drap d'or, ainsi qu'estoit la coustume de
i. Fabien de Dhona, défait par le dnc Henri de Guise au combat d'Auneau, en 1587. Cf. tome I, p. 340.