‹ Œuvre complètesChapitre 133 sur 267 · Auguste, mort en · texte numérisé non relu

Auguste, mort en

îiO GRANDS CAPtlAINES ESTRANGERS.

leurs pays (dict le texte de l'original), et leurs rebecz accoustrez de fil d'or ; et aussi les instrumens estoient d'argent avec de grosses chaisnes d'or. Et aDoient lesdictz menestriers entre lesdictz gentilz-hommesetie duc de Valantinois, sonnans tousjours.

Itenij quatre trompettes et clairons d'argent, richement habillez, sonnans tousjours de leurs instrumens. Il y avoit vingt-quatre lacquais, tous vestuz de vellours cramoisy my-party de soye jaune ; et estoient tout autour dudict duc, près duquel estoit M. le cardinal de Rouan, qui l'entretenoit.

Pour quant audict duc, il estoit monté sur un grand et gros coursier, hamaisché fort richement, avecqu'une robbe de satin rouge et drap d'or my-party (je ne puis pas bien comprendre, quant à moy, ceste façon d'estoffe), et bordée de force riches pierreries et grosses perles. À son bonnet estoient, à double rang, cinq ou six rubys, gros comme une grosse fève, qui monstroient une grande lueur. Sur le rebras ' de sa barrette avoit aussi grande quantité de pierreries, jusques à ses bottes, qui estoient toutes lardées de cordons d'or et brodées de perles.

Et un collier, pour en dire le cas, Qui valoit bien trente mille ducatz.

Ainsi porte la rithme.

Son cheval qu'il chevauchoit estoit tout chaîné de feuilles d'or, et couvert de bonne orfœuvrerie, avec force perles et pierreries. Outre plus, il avoit une belle petite mulle pour se pourmener par la ville, qui avoit

\ • Rebras f rebord. f

€JESAE BORGU. 211

tout son hamaiz, comme celle S bride, poitral, tout couvert de roses de fin or, espois' d'un doigt.

Pour faire la queue de tout, y avoit encor vingtquatre mulletz avec couvertes rouges ayant les ar moyries dudict seigneur, avec aussi force cariage de charriotz qui portoient force autres besoignes, comme lîctz de camp, vaisselle et autres choses.

Ainsi entra, pour avoir bruict et renom, Ledict seigneur an chasteau de Chinon,

dict la ryme.

Voylà réquipage du gallant (dont je n ay rien change du langage de loriginal) que le roy, estant aux fenestres j vist arriver. Dont ne faut doubter qu'il ne s'en mocquast, et luy et ses courtizans, et ne dissent que c'estoit trop pour un petit duc de Yalantinois.

Je croy que le roy Louys XI* [le bon rompu] , en eust bien dict son mot, et bien brocardé, avec sa robe de bure et son chappeau de laine velu, et son image de plomb de Nostre-Dame y attaché. Et sur ceste vanité de parades, j'en vays faire une petite digression.

Dont ' il me souvient que nostre roy dernier , Henry IIP, faisant un jour la diète* à Sainct-Germain en-Laye, où il s'estoit retiré à part hors de sa court, qu'il avoit laissée à Paris avec la reyne sa mère, un jour, moy y estant pour luy demander un petit don duquel oh m'avoit donné advertissement, il me fit cet

i. CeRCf selle.

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