‹ Œuvre complètesChapitre 135 sur 267 · Voyez tome I, p. 44, note · texte numérisé non relu

Voyez tome I, p. 44, note

î. Réprimer j blâmer.

CiESAR BORGIA. 213

première que seconde chambre^ ; et M. le Dauphin % advant qu'il fust maryë, n*en avoit que quatre ; et puis luy et madame la Uauphine en eurent dix, M. d'Orléans' n'en eut pas plus aussi que de quatre ; mesmes il dist que son train estoit trop grand, et qu'il le vouloit retrancher. Bref, le roy en fit un ample discours, aridressant tousjourssa paroUe à Arques, d'une si belle façon et grâce (car il l'a voit très bonne, avec l'éloquance qui luy estoit fort famillière et diserte), qu'un chascun des assistans admira et loua fort ceste remonstrance, qui estoit fondée sur la vérité et toutes bonnes raisons, non sans que ledict Arques n'en rougist et n'en fust un peu estonné.

Aucuns disoient : a Qui eût jamais creu que ce fit grand roy, remply de toute grandeur, libéralité et « magnifficence, se fust mis ainsi sur l'œconomie, le a règlement et la parcimonie I Ah I que cela ne dur[er]a a guières! il est trop généreux, libéral et magnififique.» Conmie de vray, il ne peut encommancer en luy pour donner exemple aux autres, ny régler Arques ny ses autres favorys; car il les remplist de si grandz dons et biens-faictz, qu'un seul d'eux avoit et menoit plus grand train que ne firent jamais les roys François, Henry, et autres enfans de France.

Si ce grand roy eust faict ce règlement, il eust faict beaucoup pour luy et pour sa noblesse; car, et quelle raison que tant de seigneurs, et petis et grandz, veuil-

i. C'est-à-dire pour les personnes attachées à ces deux chambres.

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