Diétûf retraite
honneur de me laisser entrer en sa chambre à son disner, Thuyssier luy en ayant demandé congé, ainsi qu'il le permettoit à plusieurs, et non à tous. Je le \is disner, où estoit M. d'Arqués, ne faisant qu'entrer en faveur, despuis M. de Joyeuse ^ Durant son disner, il se mit à parler de la grande dépense que faisoient les gentilzhommes de son réaume, et principalement de ceux de sa court ; que bien qu'il fist de grandz dons à sa noblesse, et non pas encor tant qu'il voudroit, que pourtant il ne falloit pas qu'ell' en abusast et mist tant en despances si superflues et excessives qu'elle faisoit, tant pour les habillemens que pour les grandz trainctz de leur suite, de chevaux, d'oyseaux, de chiens, et autres choses : car il falloit espargner au bon temps de lap aix ; et quand viendroit un voyage et un bon affaire de guerre, il falloit alors despendre bien à propos, en luy faisant service et à tout le réaume. Et sur ce, il s'adressa à Arques, etluymonstra et réprima* quatre mulletz qu'il avoit d'ordinaire, tant de grandz chevaux, courtautz, oyseaux et chiens, et qu'il falloit se retrancher désormais de tout cela ; et sur ce, luy allégua le train que le roy Charles son frère et luy, l'un estant duc d'Orléans, et l'autre duc d'Angoulesme, qui n'avôient tous deux que six mulletz et quatre petites haquenées pour leurs montures, et demy-douzaine de courtautz pour leurs escuyers. Il alléga aussi avoir ouy dire à la reyne sa mère que le roy François, son grandpère, qui commança les pompes et les grandes magnifficenoes, n'eut jamais que douze mulletz, tant de sa