Jean d'Albret
GiBS^ BORGU. 119
camp de Viane^, place du susdict réaume, où il fut tué d'une zagaye par les ennemis sortant d'une embuscade, non sans avoir* bravement et vaillamment combatu. En quoy furent trompez force François , Italiens et Ëspaignolz, d'avoir faict une fin si belle et honnorable, que l'on cuydoit un jour misérable et bon* teuse par l'espée de justice, pour expier les maux et les cruautez qu'il avoit faictz en sa vie. Il est à présumer que Dieu eust miséricorde de luy par quelque repentence qu'il en fit. Ainsi sa bonté toute divine s'estant aussi bien sur les mauvais que sur les bons, selon qu'ilz la réclament et font repentance.
Or, pour finir ces derniers propos de ces violateurs de fioy, le roy Louys XP ayant faict assiéger Jacques d'Âranaignac , duc de Nemours*, par M. de Beaujeu et Thanneguy duChasteP, luy s'estant rendu la vie sauve à euxy qui la luy promirent, n'en vouUut nullement tenir la composition uy ratifier leur foy, et ne laissa pour cela à luy faire trancher la teste. A ce bon roy tout luy estoyt permis, et avoit sa dispense de tout, bien qu*il ne fust jamais à Rome pour l'obtenir du pape, ainsi que fit Charlemagne, comme j'en parle ailleurs. A grand peine ce bon roy eust fait le traict, sur le poinct de sa foy donnée, que fit un de ces ans le pape Sixte ^, le plus redoubté pape pour la justice en toute