‹ Œuvre complètesChapitre 146 sur 267 · Dans l'église Saint-Nazaire · texte numérisé non relu

Dans l'église Saint-Nazaire

* Jean de Talleynnd, teignenr de Grignols (oo Grignftox}, prince de OmIds, rhamhHkin de Chukt VID.

JEHAN-JACQUES TRIVULSE. 225

mis : Hic quiescit qui nunquam quievitj a Icy repose qui ne reposa jamais. » M. dé Montluc, après sa mort' et sur son exemple^ a pris ceste devise, ainsi qu'on la voit dans son livre.

L'occasion principalle qui esmeut le roy à disgratîer ledict seigneiu* Jehan-Jacques fut qu'il s'estoit faict recevoir bourgeois des cantons des Souysses. Que pouvoit-il moins faire, qu'ayant perdu la bonne grâce et Tappuy de la France, il falloit qu'il en cherchast ailleurs? Mais le roy le cognoissant homme prompt, remuant et de peu de repos, il craignoist qu'il fist quelque mauvais remuement, avec ces gens promptz et légers de ce temps, contre luy et sa duché de Milan, voire au cœur de la France. S'il se doubtoit de cela, il avoit raison de se deffier de luy.

Le roy Louys XIP n'en eust pas telle deffîance quand il luy donna le gouvernement absolu de sadicte duché ; lequel, quand on luy remonstra qu'il faisoit faute de donner une telle charge à un homme estranger, et qui estoit de la patrie, et mesmes sur mie nouvelle conqueste, il respondit qu'il se sentoit si assuré de sa fidellité et prudhommie, qu'il avoit desjà tant bien manifestée au roy Charles VHP, qu'il croyroit fort bien qu'il ne luy fairoit faux bon ; et quant bien il l'entreprendroit, il se tenoit assez puissant et courageux pour luy rompre la teste, et au duc de Milan, s'il se conféroit avec luy. D'avantage, Iç naturel de

1 . Après sa mort^ c.-à-d. après la mort de Montluc. On lit en effet dans la dédicace de Féditenr de Montluc à la noblesse de Gascogne : « Tirant k la mort, il commanda qu'on mit sur son tombeau ces vers :

Gy-dessous repozent les os

De Montluc qui n*eût onc repos. »

GRANDS CAPrrACŒS ESTRAIYGERS.

Théodore Trivulse *.

Le prince de Melfe\

ce roy estoit fort de Taymer} et luy avoit gratld crédit auprès de Sa Magesté, jusques là qu'il le fist son compère^ ayant tenu sur les fondz sa seconde fille , madame Renée de France, despuis duchesse de Ferrare; qui luy fut un tel honneur, qu'un des plus grandz princes de la chrestienté s'en fust fort contenté et bien glorifHé.

Yoylâ enfin ce grand capitaine, après plusieurs beaux exploictz faictz de sa main et de sa cervelle, mort en l'aage de quatre-vingtz ans *.

Il eut un cousin qui fut Théodore Trivulse j marquis de Pisqueton, général du roy d'Espaigne premièrement, puis des Vénitiens, après du roy François premier; qui, pour ses valleurs et mérites commanda pour le roy en Italie, et fit si bien que le roy le fit chevallier de son ordre, et puis mareschal de France, amprès gouverneur de Lyon, comme l'avoit esté aussi auparavant Jehan-Jacques; et tous deux se portoient si bien en ceste dernière administration de ville, que le peuple en demeura fort content.

Ce Théodore mourut le mesme jour de sa nativité, aagé de soixante quinze ans. Le roy luy fit de grandi biens , et à son frère le cardinal Trivulse ^ et le fit évesque de Périgueux*.

M. le prince de Melphe a esté, certes, un bon et sage

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