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Voyes tome I, p

4 . P. Jove, que Brantôme suit ordinairement, porte (livre XXV) à cinq cents ki perte des assaillants et à trois mille celle des assiégés. C'est aussi le chiffre que donne Gmchardin (livre XVIII).

2tS GRANDS CAPITAINES ESTRANGERS.

fist de mesmes comme son ayeul fit à dom Pedro de Navarre *. Que pou voit-il doncques moins faire ce brave prince, après avoir si bien faict, combattu, battaillé, et mal recogneu, que d'avoir recours au roy son ennemy, et se réconcillier avec luy? qui le receut très humainement, le remit en sa grâce, luy donna sa rançon, luy fit des biens, tant à luy qu'à ses énfans, en biens d'église et autres, se servit de luy, qui de son costé, point ingrat, le sei*vit aussi très bien aux guerres de France et mesmes en la duché de Luxemboui^, en la ville d'Arles, qu'il tint à la barbe de l'empereur au voyage de Provance, et luy fit recevoir la honte entière, pour avoir entrepris ce voyage , par l'advis et mocquerie qu'il donna à Anthoine de Lève, qu'il se donnast bien garde de s'amuser au Piedmont et d'attaquer Thurin, comme estoit son dessain^ ains qu'il tirast droict en France et se ruast sur la Provance; que jamais il n'y fit si beau et bon ; en luy allégant des raisons si belles et si péremptoires, que ledict Anthoine y prenant goust,^ pensant qu'il en parlast à bon escient pour faire son accord avecque l'empereur par ce moyen, il le creust et y fust si beau et si bien inganné de ce bigu " qu'il en mourut de despit, voyan^ que ses affaires alloient tout au rebours à Aix, n'ayant peu atteindre Sainct-Denys en France , où il avoit proposé d'estre enterré; mais ce fut en celuy de Milan. J'en parle ailleurs'.

i. Voyez tomel, p. ib.

2» Ingannéj trompé, de l'italien ingannaio. -^ Siga^ on disait donner ie bigu^ pour donner le ch€Uige*

3 Voyez tome I, p. 176. Suivant P. Jove (livre XXXV), qni ne prononce pas à cette occasion le nom du prince de Melfe, mab

Certes, ce prince fit là deux bons services au roy, . celuy-là et la garde d'Arles, où il eut bien de l'affaire pourtant par le dedans, à cause de la sédition des soldatz qui s'y esmeut; où il monstra bien qu'il estoit un très sage et poUitique capitaine. Voyez nos histoires. Du despuis, il le servit bien en plusieurs endroictz de la France, et surtout en la duché de Luxembourg, conune j'ay dict. Pour fin, pour ses mérites, le fit mareschal de France, capitaine de cent hommes d'armes, chevallier de son ordre, et son lieutenant général en Piedmont, où certes il y trouva bien de la besoigne à tailler parmy les bandes de gens de pied, qu'il trouva fort desréglées, si qu'elles ressembloient mieux bandes de brigansque de soldatz', bien que ce grand M. de Langeay y avoit passé et mis quelqpie règle en poUice; mais ilz avoient discontinué pour peu de temps. Il y mit donc si bon ordre et une discipline si rigoureuse, que, puis après, la milice de par delà ressembloit mieux un'escoUe bien reffbrmée de sages escoUiers que de soldatz. Ce que sceut très bien refformer après luy, et l'ayant apris de luy, M. le mareschal de Brissac, comme j'en parle ailleurs.

Si que j'ay ouy dire d'une punition d'un soldat qui avoit pris une poulie à un vivandier; on la luy fit

celui du marquis de Salaces, c'est le marquis du Guast, et non Antoine de Lève, qui voulait que Ton assiégeât Turin avant d'envahir la Provence.

I . Kar. Il les reigla si bien qu'enfin on tint le Piedmont pour vraye escolle de la jeunesse de France quand au faict de guerre; ce que sceut très bien observer apprez luy M. le mareschal de Brissac. Avant qu'aler en Piedmont, le roi l'envoya en Guyenne et surtout à Périgueux, révolté pour la gabelle.... (Ms. 66d4, ^ 184,

manger toute rostie avec la plume. Je ne sçay s'il est vray, mais cela estoit impossible. Un soldat de qui un barbet avoit pris une poulie en cheminant eust ëté passé par les picques, sans qu'il prouva que son goujat, qui le tenoit en laisse, s'estoit eschappé de luy.

Le brave capitaine Mazères^, dont je parle ailleurs, qui fust defTaict* en la conjuration d'Amboise, ayant rencontré une trouppe d'oisons, en se jouant et riant il leur demanda s'ilz vouloient point venir soupper avec luy. Il luy sembla (ou le fit accroire) qu'ilz luy avoient respondu en leur jargon et en piolant: Ouy^ ou^j ouy; conune de vrai, à les ouir pioler, on diroit qu'ilz disent ouy^ ouy : il en prit deux et les mena soupper avecques luy. Il fut pris et mené dans le chasteau de Thurin, et y demeura quinze jours prisonnier; et y eust demeuré plus, sans qu'on trouva le traict plaisant et de risée, et aussi qu'il avoit l'humeur fort bizarre, très brave soldat pourtant.

Un coporal, n'ayant pas bien posé ses sentinelles comme il devoit, et l'on pensoit bien qu'il allégast ses raisons bonnes et meilleiures possible que son capitaine pouvoit produire, Ait harquebuzé, armé de toutes ses armes. Encor celuy, passe; car il ne faut aller jamais contre le commandement du capitaine, ny entreprendre sur luy, encor qu'il face mieu^ que luy.

Je conterois force autres rigueurs et punitions faictes en Piedmont soubz ce prince et M. de Brissac^

1 . Capitaine béarnais qui îona un rôle important dans la conjuration ; il fut fait prisonnier à Noizay par le duc de Nemonrs. Voyez sur lui d'Aubigné, tome I , col. 128; et de Thou, I. XXIV.

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