Brusquet
366 GRANDS QiiPITAINES ESTRAVGf^.
il se mit à s'escrier audict Brusquet : Comel ciwrpo de Dios ! Brusquet 1 mis cai^allos todas son banados y mojados. Juro d Dios que han corrido laposta^. Mais Brusquet lappaisa, en luy disant qu'ilz s'estoi^Qt couche7. dansTeau en allant boire. Bref, il le trompoit ta toutes façons et tousjours.
Mais la meilleure fut que le roy Henry luy * avoit donné une fort belle chaisne d'or qui pesoit trois cens escus. Brusquet en fit faire une toute pareille de leton, et la fît bien dorer et subtillement avec trois ou quatre touches; la change avec luy^ se quarrant aussi bien de la ipeschante que de la bonne; et quand il partit pour s'en aller en Flandres, il escrivit une lettre au roy Philippes, bien fort plaisante, et remplie de toutes les nattrettee qu*il avoit faict à son bouffon , et que c'estoit un fat et un sot, et qu'il le fist foiter à sa cuysine pour s'estre ainsi laissé tromper de la chaisne; et luy en conta toute l'histoire. Mais le roy Henry, rayant sceu, n'en fut trop contant, cuydant qu'on pensast que luy-mesmes luy eust donnée telle pour sf mocquer ; et pour ce luy commanda de la renvoyer, et radouber bien le tout : ce qu'il fit ) et le roy l'en récompensa d'ailleurs.
Je croy que, si Ton fust esté curieux de recuillir tous les bons motz, contes, traictz et tours dudict Brusquet, on en eust faict un livre très gros; et jamais ne s'en vist de pareilz, et n'en desplaise à Pivan Arlod',
1 . Gomment, cordien, Bmsquet ! mes cheTanx sont tont baignés et mouillés. Je jure Dieu qu'ils ont couru la poste.