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2. Far. Ce qu'il faisoit de fort bon cœur et fort bonne manière, tant pour les gratifier en cela que pour avoir plus de loizir de s-amuser luy et ses seigneurs de contempler mieux la beauté, la bonne grâce et la superbetté en accoutremens de ces belles dames, qui

en cela que pour avoir plus de loisir et amusement à contempler leur béautez, leurs bonnes grâces et la superbeté et gentillesse de leurs accoustremens ; puis alla faire sa dévotion à la grand' église cathédrale, devant le grand autel, sur lequel estoit le chef de sainct Geny* et son sang de miracle, qui se monstre encor aujourd'huy.

Le lendemain de l'entrée, il fist, dans son Castel- Novo*, un fort superbe banquet en deux grandes tables à tous les grands seigneurs et princes du royaume. J ay ouy dire à aucuns vieux de Naples, la première fois que j'y fus, que les dames y estoient, qu'il faisoit tous et toutes beau voir. Puis après souper, prist le serment de fidélité d'eux, qui le luy firent de bon cœur avec de belles protestations; mais ils ne les gardarent guières après qu'il fut party; en quoy ils furent à blas-

estoy t chose poar lors nouvelle aux François ; car pour lors nos dames françoyses estoyent goffes (grossières) en leurs habitz ny si gentimant comm' aujourdhuy, et pour lors estoyent les Italiennes.

Puis venoient apprez le roy force autres grands seigneurs, maistrès d'hostelz, chamberlans, pensionnayres tant bien vestus et en fort grand nombre^ les quatre cents archiers de sa garde et les deux cents arballestiers, tous à pied, armez et accoutrez de leur hocquetons chargez de riches orfebvreries (il n'y a aujourdhuy que les Escossoys. De mon temps, j'ay veu les Françoys de mesmes, ce qui estoit beau à voyr). Icy je m'estonne qu'il ne met les cent gentilshommes. Possible qu'ilz estoient ailleurs emploiez. Ainsin entra le roy et alla descendre à la grand' église cathédrale où il fîst sa dévotion devant le grand autel dessus lequel estoit le chef de sainct Geny, et là fit son serment à tous ceux de l'église et du temporel de leur estre bon roy et les traicter comme bons subjects. Puis le lendemain... (Ms. 6694, fol. il9.)

i . Sm/ii Geny^ saint Janvier ; de l'italien Gennaro,

rs. Le ChÂteau-Neuf.

mer, car ils avoient le meilleur , le plus doux et le plus humain roy qu'eux et nous ayons eu il y a longtemps*.

En ceste entrée du roy on n'y trouva rien à redire, sinon que près de luy estoit le seigneur de Beaucayre', représentant le connestable du royaume de Naples; ce qui n'estoit guières beau, car il venoit que de frais estre son valet de chambre ; et luy voir porter Tespée, ceste veue estoit odieuse. De chose pareille je vis force gens s'est onner au sacre* du roi Henry 111*^, qu'un mareschal de par le monde * qu'on avoit veu fort petit compagnon , voire commissaire des vivres au camp d'Amiens, n'y avoit pas vingt-cinq ans, faire l'office de pair et connestable ; mais ce fust par faute d'autre, car il y en avoit deux prisonniers en la Bastille* et

i , Vtir. Voylà ce que j'ay apprins de ce livre \ieux n'en aianl rien changé que j'ay trouvé bon d'estre adjousté icy. Qui en voudra savoyr dadvantage de tout ce beau voyage, de tout ses préparatifs, de toutes les forces, artillerie , et leur équipages en lise les hystoyres de ce temps et mesmes de Gaguin, y verra des gentiles choses et gentiment espécifiées sans que les die, et pour ce, je ne le veux cy transcrire. Or d'autant... (Ms. 6694, fol. H9.)

2. Etienne de Vesc. « Il estoit, dit Commines (préface du livre VII), natif de Languedoc, homme de petite lignée, qui jamais n'avoit veu ny entendu nulle chose au faict de la guerre... . Il estoit

, sénéchal de Beaucaire, et président des comptes à Paris, et avoit servi ledit roy en son enfance, très bien, de valet de chambre. » Il fut créé duc de Nola par Charles VUI. — Voy. aussi même livre, chap. v.

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