‹ Œuvre complètesChapitre 195 sur 267 · Brantôme lui a consacré un article · texte numérisé non relu

Brantôme lui a consacré un article

tel estoit l'humeur d'aucuns, qui vouloient ainsy gaigner les devans, eraignans que le roy ou le général y mourut ou fut pris, et par ainsy qu'ils fussent frustrez de ce bel honneur qu'ils prétendoient et désiroient tant, ou bien, s'ils venoient à y mourir euxmesmes, que pour le moins cela leur demeiu*ast et leur servit de perpétuelle mémoire de gloire, et à leurs héritiers; que pour le moins on eust peu dire qu'ils estoient morts chevalliers faicts de la main du roy. Vous trouvez dans les Mémoires de M. du Bellay \ comm', à la battaille de la Bicoque, le brave M. de Pondormy ', faisant la poincte avec sa compagnie de cinquante hommes d'armes, il avoit aussi avecques luy les chevaliers nouveaux; qui faict à croire qu'ils venoient d'estre faicts tous fraiz de M. de l'Autrec, le général de l'armée. Aujourd'huy * ceste usance de petite cérimonie d'ambition ne se pratique guières plus; car, ou mourant vaillamment là, ou survivant aiant très bien faict, l'on est aussi honorablement créé comme si ceste cérimonie s'y fust solemnisée, et possible encores mieux.

Il y a aussi un abus, que tel estoit touché ou aocollé (car ainsy se faisoient les chevaliers, ou par le touchement du bout de l'espée sur Tespaule, ou par l'accol-

1 . t Le seigneur da Pontdormy avoit charge avec sa compagnie de cinquante hommes d'armes et les chevaliers nouveaux de marcher devant le mareschal de Foix. » Mémoires de du Bellay, collection de Michaud et Poujoulat, p. 161.— La bataille de la Bicoque, où Lautrec fut défait, se livra le 29 avril 1523.

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