‹ Œuvre complètesChapitre 225 sur 267 · Piceons^ piquants · texte numérisé non relu

Piceons^ piquants

nuire. 11 portoit aussi sur ce porc-espic ces mots escripts :

Spicula sunt humili pax hœc, sed bella superbo.

Si est-ce qu'il se dict et se treuve par escrit : qu'après qu'il eut perdu le royaume de Naples, qu'il avoit si heureusement conquis et assez bien gardé pour le commancementy il fut si despit et fasché^ qu'il jura et protesta que jamais plus il ne feroit la guerre par ses lieutenans, mais par lui-mesmes en propre personne*. Il eust soubs lui de très braves et de très vaillans capitaines, que je diray cy après.

Aussi ay-je ouy dire aux anciens capitaines que ce fut dessoubs lui que les compagnies des ordonnances commencarent à se faire très l^elles^ très bonnes et trèsbien aguerries, s'estans ainsy façonnées et aguerries par les continuelles guerres qu'ils firent soubs lui ; ainsi que l'exercice y faict, comme ce sage législateur* le sceut très bien deffendre à ses Lacédémoniens, de ne faire longuement guerre à leurs voisins ny à d'autres, de peur de les aguerrir à leurs despens. Aussi nos François s'aguerrirent aux despens des Italiens et Espagnolz, dont ils en ont beaucoup tué ; et rien ne se présentoit devant eux qu'ils ne battissent : si bien qu'on ne parloit que de la gendarmerie de France parmi le monde, et tout le monde aussi la redoutoit: aussi la pay oit-il bien, et jamais ne perdoient un seul petit Cartier de monstre.

i. Le ms 6694, fol.' 128, porte cette phrase, qui a été biffée : c Ainsin qu'il le monstra en la battaille qu il gaigna contre les Vénitiens. »

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