Lycurgue
368 GRANDS CAPlTAmES FRANÇOIS.
II ne laissa que deux filles: madame Claude et Renée*; Tune reyne de France, qui produisit du roy François la belle lignée que nous avons veue despuîs ; et l'autre^ madame de Ferrare, qui en a produict une très belle aussi': M. le duc de Ferrare^ le cardinal d'Ëst^ et mesdames de Nemours, d'Urbin, et Léonor, qui mourut fiUe^ qu'on peut dire ces trois avoir esté de leur temps la beauté du monde.
Il fut enterré à Sainct-Denys , là où l'on voit son tumbeau, qui est très beau, et sa figure et de la reyne Anne sa femme.
Il n^'eust aucuns enfans de sa dernière femme Marie d'Angleterre* : il ne tint pas à elle, conmie j'ay did ailleurs . Aussi ellenedemeura guièresavecqueslui ; car, s'efîTorçant par trop après ceste grand'beauté, plus que son vieil aage ne le portoit, il mourut. Aussi^ disoit-on
i . Brantôme leur a consacré des articles.
2. Renée de France, mariée en 1527 à Hercule II, duc de Ferrare, en eut Alphonse 11, duc de Ferrare ; Louis; Anne, mariée à François de Lorraine, duc de Guise, puis à Jacques de Savoie, duc de Nemours ; Lucrèce, mariée (1 570) à François-Marie de la Rovère, duc d'Urbin; Léonore, morte sans alliance.
3. Fille de Henri VU, mariée à Louis XII en 1514, se remaria trois mois après la mort de son mari à Charles Brandon, duc de SufTolk, et mourut en 1534.
4. Fitr, Aussi quand il Teust espousé, ondisoyt qu*il chevauchoyt une guilledine d'Angleterre qui le meneroyt bientost en paradis son grand chemin ; ce qui fust ; bien qu'il mourust n'ayant que sinquante-six ans. Si ne Tespousa-t-il pourtant par amouretes, car il ne pouvoyt oublyer la reyne sa famé, et la regretoyt toasjoars, mais il la prist par oontract, et pour fayre alliance aveq le roy d'Angleterre, qui le commençoyt à beaucoup fatiguer; etparainsin Tonloyt mourir roy pasyfique de ce costé d'Angleterre, car de ce temps quand on parloyt des Angloys entrant en France, il sembloyt que ce fussent tous les diables (ms 6694, fol, 1Î8, r*).
pour lors quand il l'espousa, qu'il avoit pris et che-
vauchoit une jeune guilledine qui bientost le mèneroit
en paradis tout droict^, et plus tost qu'il ne voudroit^
son grand chemin: ce qui fut vray, bien qu'il ne
mourut qu'en l'aage de 56 ans*^ vray aage encor de sa
bonne force: mais il avoit fort pàty en son temps. Il
ne l'espousa pourtant par aucunes amourettes^ comme
j'ay ouy dire, ne pouvant oublier la reyne Anne, sa
très chère femme^ qu'il avoit tousjours tant aymée, et
fille et femme. Estant fille, M. d'AUebret", qui pré-
tendoit et estoit son fort proche, et luy s'en cuidarent
battre; tant il lui portoit d'amour, plus qu'à ceste
belle Marie,qu'il espousa quasy comme par contraincte,
se sacrifiant pour son royaume, pour achepter la paix
et l'alliance du roy d'Angleterre et qu'il peut mourir
paisible roy de France, sans le laisser en trouble,
comme certes il fit par le sacrifice de sa mort.
Ce' grand roy eut soubs lui de très grands capi- M. d'Aubî-
guy*.
1 . Guilledine f haquenée. Vsnglaisgelding signifie cheval hongre.