Voyez la note 1 de la page précédente
5. Yvesy deuxième du nom, baron d'Alègre, conseiller et chambellan de Charles d'Anjou, roi de Naples, gouverneur de la Basilîcate sous Charles VIII et du duché de Milan sous Louis XII.
Les trois alinéa qui suivent ne figurent plus dans la nouvelle rédaction. Ils se trouvent dans le ms. 6694 à la suite de l'article du baron d'Espic, et comme aux derniers éditeurs ils nous ont paru mériter d'être intercalés dans le texte.
lègre, ainsin qu'on nommoy t le plus souvant les nobles, fust un très notable capitayne, lavant monstre en force endroits ; et pour le plus beau et plus signale, ce fust à la battaille de Ravane, où, ayant veu tuer son filz, M. de Vivarots', brave et vaillant jeune homme, certes, devant luy, il se jette si advant dans l'espesseur des ennemys, fust ou qu'il voulust vanger sa mort, ou ne voulust plus vivre, qu'il y fust tué, dont ce fut très grand dommage.
Si fit-il une grand' faute, lorsque M. de Nemours estant entre dans fioulongne avec son armée et de plain jour, sans qu'un Espaignol l'eust advizé ny en senty le vent, qu'est un grand cas, sinon par un Âlbanoys qu'estant sorty à l'escarmouche fust pris» et décela le tout ; possible, le maraud qu'il estoyt, s'estoytil laissé prendre. M. de Nemours et tous les capitaynes vouloyent bien sortir aussi tost et donner à l'ennemy qu'ilz eussent pris à l'imporveu, ne se mesfiant de rien; mays M. d'Alègre opina et empescha de ne sortyr et laisser rafreschyr l'armée, qui en combattroyt mieux le landemain : il fust creu. Il devoyt donq mètre ordre que nul ne sortist, et fayre bien fermer les portes, pour ne porter nouvelles de l'arrivée de l'armée.
Qui veut voyr bien descrite la bataille de Ravane, qu'il lize le Roman de M. de Bayard, il en descrit mieux en son viel langage qu'aucune autr' histoire : il n'oblie la mort de M. de Maugiron qx'y fust tué ayant charge de gens de pied, qu'y fist très bien; car il estoit très brave et vaillant; aussi la race le porte, dont en sont sortys de très braves et vaillans capitaynes.
i . Jacques d'Alègre, seigneur de Viveros.
M. DE LA PALUCE. 375
M. de la Palice* fut le contraire*;^ car il fut un très' M. de sage et très vaillant capitaine quand il falloit; et s'il ^^^"^^» ne fut esté tel, il n'eust eu les grandes chaînes et mareschal de grades de ses maistres qu'il eut, et mesmes du roy Chabanes. Louys XIi*y qui l'ayma fort et plus que tous, et se fia en sa suffisance.
Il fut lieutenant du roy au royaume de Naples après la mort du conte d'Armaignac', et tout le monde l'en esleut et luy défera et luy obéyt. Il le fut avec l'empereur Maximilian contre Padoue et les Vénitiens ^; il le fut en Italie, après la mort de Nemours, par . l'eslection de toute l'armée et des plus grands capitaines de là, s'il y en eust au monde ; il le fut en Navarre' et autr« endroicts et tousjours fut en très bonne et grande réputation et très heureuse fortune.
Les Espagnolz* l'appelloient souvent el capitan \a PcUiçaj gran mareschal dj- Francia'*. Bel honneur! comme nous avons appelle M. de Biron dernier, le grand et premier mareschal.
J'ay veu le portraict dudict M. de la Pal^ice' ; il monstroit bien ce qu'il estoit: très beau et de très belle façon. Si le roy François l'eut voulu croire, ensemble M. de la Trimouille, Galleazze Sainct Sé-
\. Jacques de Chabannes, deuxième du nom, seigneur de la Palice» grand maître et maréchal de France , fils de Geoffroi de Chabannes et de Charlotte de Prie, tué à la bataille de Pavie.
2. Cette phrase est la suite du dernier alinéa de la page 373.