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Assauts, attaques

rant bravement; mais il futattrappé, dont ce Tut grand dommage.

M. de En ceste mesme retraicte fut tué aussi ce gentil

Bayard*. g| brave M. de Bayard, à qui ce jour M. de Bonnivet, qui avoit esté blessé en un bras d'une heureuse harquebusade, et, pour ce, se faisoit porter en litière, lui donna toute la chaîne et le soin de Tarmée, et de toute la retraicte^ et lui avoit recommandé l'honneur de France. M. deBayard, qui avoit eu quelque picque auparavant avec lui, lui respondit (ce dict l'Espaignol) : « J'eusse fort voulu, et qu'il eust ainsy pieu à Dieu, a que vous m'eussiez donné ceste charge honnorable (c en fortune plus favorable à nous autres qu'ast'- <c heure : toutesfois^ ainsy que ce soit que l'advanture « traicte avec moy, je feray en sorte que, tant que je «r vivray, rien ne tumbera entre les mains de l' ence nemy que je ne le deffende valeureusement. » J'en eusse proféré les paroUes en espagnol, mais ce fût esté superfluitéV

i . Pierre du Terrail, seigneur de Bayard, né au château de Bayardy en Grabivaudan, en 1476, tué le 24 février 1524. U était fils d'Aimé ou Aymon du Terrail et d'Hélène des Âllemans. U a déjà été question de lui tome I, p. 79, 134-135, 146, 185-186, et 2>(1.

2. Nous pouvons suppléer au silence de Brantôme. Void ce que dit Vallès : Estonces el capitan Boniveto, porque con el dolor de la herida yendo en una litera, no podia liazer el officio de capitan, dio todo el cargo y goviemo al capitan Bayardo, y le rogo muy encarescidamente que, porla honra de la naoion francesa, quisiesse defender la artilleria, y vanderas, que estavan encomendadas a su fe y virtud, pues en" todo el exercito no avia ninguno que fuesse mejorque elde manosni en consejo. Respondio el diziendo : bien quisiera oy, monsenor capitan, que uvierades > entregado esse cargo honroso en fortuna mas favorable a nos

Ainsy qu'il le promit il le tint; mais les Espagnols et le marquis dePescayre, usant de Toccasion, furent si opportuns à chasser les François, qu'ainsy que M. de Bayard les faisoit retirer tousjours peu à peu, voicy une grande mousquetade qui donna à M. de Bayard, qui luy fracassa tous les rains. Aussitost, se sentant frappé, il s'escria : « Ah ! Mon Dieu ! je suis mort. » Si prit son espée par la poignée, et en baisa la croisée en signe de la croix de Nostre Seigneur; il dict tout haut : Miserere mei^ Deus ! puis, comme failly des espritz , il cuida tumber de cheval ; mais encor eust-il le cœur de reprendre l'arçon de la selle, et demeura ainsy jusqu'à ce qu'un gentilhomme, son maistre d'hostel, survint^ qui lui aida à descendre et à l'appuyer contre un arbre.

Soudain voylà une rumeur, parmi les deux armées, que M. de Bayard estoit mort. Voyez comme la Renommée soudain trompette le mal comme le bien. Les nostres s'en effrayarent grandement; si bien que le désordre se mist grand parmi eux, et les impériaux à les chasser. Si n'y eust-il gallant homme parmi eux qui ne le regrettast; et le venoit voir qui pouvoit, comm' une belle relique, en passant et chassant tousjours ; car il avoit ceste coutume de leur faire la guerre la plus honueste du monde et la plus courtoise; et y en eut aucuns qui furent si courtois et bons qui le voulurent emporter en quelque logis là près; mais lui les pria qu'ils le laissassent dans le champ mesme

otros ; pero como qaiera que la ventura se tratare comigo, yo domenos harelo que en mi fiiere, defendiendo la valerosamente, y entretanto qae yo viviere, ella no vendra en manos del enemigo (Vallès, £• 405).

384 GRANDS CÂPITAn«ES FRANÇOIS.

qu'il avoit combattu, ainsi qu'il convenoit à un homme de guerre, et comm' il avoit tousjours désiré de mourir armé (dit TEspaignoI*).

Sur ce, arriva M. le marquis de Pescayre, qui lui dict : <c Je voudrois de bon cœur, monsieur de Bayard, ce avoir donné la moictié de mon vaillant, et que je vous ce tinsse mon prisonnier bien sain et sauve, affin que «r vous vous puissiez ressentir^ par ces courtoisies que <c recevriez de moy, combien j'estime vostre valeur et (c haute prouesse. Je me souviens qu'estant bien « jeune, le premier los que vous donnarent ceux de <c ma nation fut qu'ilz dizoient, muchos Grisones j « pocos Ba/ardos^. Aussi, despuis que j'ay eu cog- (c noissance des armes, je n'ay point ouy parler d'un a chevalier qui approchast de vous. Et puisqu'il n'y cf a remède à la mort, je prie Dieu qu'il retire vostre « belle âme auprès de lui , comme je croy qu'il le

« fera'.

Incontinant il luy députa gardes qu'elles ne bougeassent d'auprès de lui, et, sur la vie, ne l'abandon-

1 . Porqae como convenia a hombre de gaerra, y el antes siempre lo avia desseado muriesse annado. (Vallès, f*^ 105 v*, i06.)

2. Beaucoup de Grisons et peu de Bayards (voyez t. I, p. 251, note 3). Le dicton est pris des Gestes du preulx chevalier Bayard par Symphorien Ghampier, liv. Il, ch. i : « Et par celle manière fut Bayard, le noble chevalier, enrichy en son commencement de guerre de nouveau titre de victoire, par laquelle raison ung pen de temps après fut dict par les Espaignolx, quasi par divine providence : En France, a moux Grisons^ pauco Bayardo. » Ce livre qui parut en 1 525, in-4^, gothique, et qui est excessivement rare, a été réimprimé en partie dans le t. II des Archives curieuses de r histoire de France (1" série).

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