Ce récit est tiré du lxv* chapitre du Loyal seroitetÊt
M. DE BAYÂRD. 3.85
nassent qu'il ne fust mort, et ne lui fût faict aucun outrage, ainsy qu est la coustume d'aucune racaille de soldatz et de bisongnes' qui ne sçavent encor les courtoisies de la guerre, ou I^en de ces grands marauts de goujatz qui sont encores pires". Cela se voit souvant aux armées. «
Il fut tendu donc à M. de Bayard unbeau pavillon pour se reposer : et puis, aiant demeuré en cest estât deux ou trois heures, il mourut; et les Espagnols enlevarent son corps, avec tous les honneurs du monde, en l'église, et par l'espace de deux jours lui fut faict service très solemnel : et puis le rendirent à ses serviteurs, qui Temmenarent en Dauphiné, à Grenoble ; et là receu par la court de parlement et un' infinité de monde qui Tallarent recueillir et luy firent de beaux et grands services en la grand' église de Nostre-Dame; et puis fut porté enterrer, à deux lieux de là, chez les Minimes. Qui en voudra plus sçaVoir lise son roman, qui est un aussi beau livre qu'on sçauroit voir, et que la noblesse et jeunesse devroient autant lire.
Ce livre dict* que ce bon chevalier, ainsy qu'il fut blessé, vint à lui le seigneur d'Alègre*, prévost de Paris, auquel il dict qu'il estoit mort et qu'il se
i . Bisongnes^ recrues, de l'espagnol bisono,
2. El marques despues que recibio al capitan Bayardo, disputando le guardas, que le serviessen diligentemente, quando espirasse ; y trabajassen que no recibiesse ninguna fuerça, ni injuria de ningun soldado avarientOy o ignorante (Vallès, f> 106).