‹ Œuvre complètesChapitre 25 sur 267 · rar. Demeurarent au siège. (Ms. 6694, f» 80, v · texte numérisé non relu

rar. Demeurarent au siège. (Ms. 6694, f» 80, v

Il receut un peu ideblasme à Sainte Maure* et autres lieux. Paulo Jovio en parle, etmesme le soubçonna-on qu'il avoit quelque sourde intelligence avec Barberdusse, comme corsaire à corsaire ; et aussi comme disoit lors TEspaignol : Corsario à corsario^ no hajr que ganar que los barillos dagua : et Corsaire à corsaire, n'y a rien à gaigner que les barilz d'eau. » Ainsi que Barberousse luy en rendoit la pareille, comm' il fit au voyage de Provance et prise de Nice, lequel s'estant retiré à Antibes, et André Dorio avec le mar^ quis del Gouast à Villefranclie, ayant perdu quatre gallères des siennes par tormentes qui donnarent à travers, ledict Barberousse fut prié et reprié par le capitaine Poulin" d'aller attaquer ledict André, et que jamais n'y fit meilleur; faisant bonne mine et semblant de s'équiper et y vouloir aller, n'y alla point du tout, s'excusant sur le vent de siroc et sur quelques périlz qu'il disoit mieux voir de ses yeux clairs et fort pratiques que les autres qui luy en parloient et l'en pressoient. Mais c'estoit qu'il n'y avoit voulonté; et, comme disent les histoires et gens de guerre et mariniers de ces temps', par mocquerie, qu'il n'estoit rai-

I . Sainte-Maure , Fancienne Léucade, Tune des îles Ioniennes. — Le combat naval où Doria fut vaincu par Barberousse eut lieu le «7 septembre 4538. Voyez P. Jove, Uv. XXXVIII.

t. Nom que porta d'abord le baron de La Garde. Voyez t. I, p. 322.

3. Les histoires et gens de guerre ^ c'est-à-dire Paul Jove. Brantôme a copié ici textuellement la traduction. On lit en effet au liv. XLIV, p. 598 : •« Les capitaines de galères et sangiacs disoient par moquerie qu'il estoyt équitable que Barberousse ne nuisist de rien à Doria, comme estant son frère et alié à sauveté mutuelle, par convenance et secret accord de coursaire à coursai re, et qu'en

sonnable que Barberousse fîsl mal à André Dorio, comm' estant son frère et allié à sauvette mutuelle, par convenance et secret accord de corsaire à corsaire, et qu en bonne et juste foy il falloit qu'il luy rendist la gracieuseté qu'il avoit reçue de luy près Hyponne*, quelques années advant. Tant y a pourtant ce grand capitaine André Dorio, lors qu'il a fallu combattre et monstrer sa valleur, il y a tousjours bien faict, nonobstant quelques petites fautes légères qu'on luy puisse imputer, qu'on peut voir dans les histoires de ces temps.

Il a esté très bien servy et assisté de ses parens, comme decePhilipin Dorio', et Anthonio Dorio, et de Cigalle' et de plusieurs autres bons capitaines de mer. Ce sont aussi les bons riipitaines et les vaillans solda tz qui cuyllent les palmes et les donnent aux grandz chefz et généraux ; car un seul ne peut pas combattre tout le monde.

Au voyage de La (ioUette, dans sa gallère généralle qui n'estoit que quatrirème*, dont on faisoit allors grand cas, où il portoit l'empereur, il avoit mis en son estendard général, pour devise, un' estoille à rayons, environnée de plusieurs traictz et flesches, en signe d'invocquer la conduicte, l'adresse et la puis-

très'bonne foy luy rendist la gracieuseté qu'il en avoit libéralement receue près Hippone quelques années par avant. «

1. En 1535, lors de l'expédition de Charles-Quint contre Tunis. Voyez P. Jove, liv. XXXIV.

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