‹ Œuvre complètesChapitre 257 sur 267 · Alphonse 1*' et Lucrèce Borgia · texte numérisé non relu

Alphonse 1*' et Lucrèce Borgia

fession et de son désir. Ainsi nos vies et nos morts sont ménagées au plaisir du Destin, et non au nostre. Aucuns vieux romans , qui ont voulu louer ce bon capitaine, l'appelloient un vray esmerillonde guerre^. Ils parloient bien à l'antique et à la grossière; mais pourtant le mot de ce temps n'estoit point mauvsds, pour la continuelle vigilance qui estoit en luy ; car ordinairement en guerre il dormoit fort peu.

M.deFonter- M. de Fonterrailles estoit Tun de ses compagnons, railles*, qui ^ eu en son temps réputation d'un bon capitaine, et surtout bien commandant aux cbevaux légers, et les bien menant. Aussi le roy Louys son maistre l'aymoit fort, et lui donna Testât de couronnel générai des Albanois qu'il avoit à son service : car de ce temps il ne se parloit point de cavalerie légère Françoise, sinon de la gendarmerie, qui pour lors siu*passoit toutes les autres du monde, je ne veux pas dire seulement de la chrestienté ; mais on s'aydoit desdicts Albanois^ qui ont porté à nous la forme de la cavallerie légère et la méthode de faire la guerre comm' eux. Les Vénitiens appelloient les leurs estradiotz^j qui nous donnarent de la fatigue à Fornoue; ils les appelloient aussi corçats^ à cause de la nation. Les Espaguolz appelloient les leurs génetaires.

Outre ceste charge qu'avoit M. de Fonterrailles, il avoit une compagnée de cinquante hommes d'armes;

1. On lit dans le Loyal serviteur (ch. xlt) : « Cestoit ung droit esmerillon, vigillant sans cesse, et quant il estoit en guerre, tonsjours le cul sur la selle. »

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