‹ Œuvre complètesChapitre 256 sur 267 · M. DE MONTOISON · texte numérisé non relu

M. DE MONTOISON

Bastide^, près de Ferrare, que ledict pape Julles II avoit assiégée; qui fut un combat des beaux de ce temps là^ dont aucuns François et Italiens se sont estonnez qu'il n'a esté mis par escrit et au rang d'une petite bataille; car elle fut belle et b;en combattue, car il y mourut plus de quatre ou cinq mill' hommes de pied, plus de soixante hommes d'armes et plus de trois cens chevaux pris, et leur camp forcé, où les capitaines Pierpont' et le bastard du Fay firent très bien. Au bout de laquelle M. de Montoison mourut d'une fiebyre continue, fort regretté de M. le duc et de madame la duchesse de Ferrare', car il leur avoit faict de bons services; et fut enterré à Ferrare avec une grande solemnité et pompe d'obsèques, accompagné de tous les grands et petits, tant de France que de la ville, qui tous le pleuroient et regrettoient. Sa sépulture y parest bien encor.

Son vieil aage, et cassé de tant de courvées de guerre qu'il avoit enduré, furent cause de sa mort, bien que, quand il estoit à cheval pour mener les mains, on l'eust pris pour un jeun' homme de trente ans, tant il portoit bien ses armes, pour les avoir longuement accoustumées. Ce fut esté un grand' heur pour lui (ce disoient ses compagnons) d'avoir esté mort en ce combat; et la fortune ne lui debvoit avoir esté si contraire, ou bien la Parque, de lui avoir allongé sa vie de huict jours pour mourir dans son lict, ne mourir en celui d'honneur, au lieu de sa pro-

i. Bastia de Genivolo, en 1511. Voyez le Loyal serviteur ^ ch. XLTv, et Giiichardin, livre IX, ch. xxxvi.

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