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En 143?), Alfonse P% roi de Naples (Alfonse V d'Aragon

38 GRANDS CAPITAIIVES ESTRANGERS.

son armée s'en retournant à sa conqueste de Naples, et qu'il/, le prirent prisonnier avec tous les grandz seigneurs et capitaines de son armée. Car ayant osté et jette de leur gros trois grandes naufz qu' estoient de l'arrière garde, en forme de secours de réserve, pour faire semblant de fuyr, et s'estans retirées vers le midy, vindrent tout à coup fondre sur les deui principalles naufz d'Mfonce, qu'ilz deffirent, et rendirent du tout la victoire entière.

Or, ce combat faict de Philipin Dorio, M. de Lautreq voulut avoir les prisonniers; mais il les luy desnia, et s'osta de là, et s'en alla à Gènes les mener à son oncle André Dorio' : à quoy il y eust du tort d'un costé et d'autre, d'autant que Philipin avoit faict le combat par le moyen des gens de guerre que M. de Lautrec luy avoit donnez, sans lesquelz il n'eust peu gaigner la battaille. De l'autre costé, M. de Lautrec les vouloit tous avoir, où il n'y avoit pas de raison; mais et lun et l'autre dévoient partager comme bons frères

fut défait par les Génois dans une bataille navale livrée près de rHePonza, sur la côte orientale du royaume deNaples, à huit lieues S. O. de Terracine.

l . « Le seigneur de Lautrec, averty de la victoire , manda que Ton envoyast en France le$ prisonniers ; ce qui fut faict, et furent bailler à Phelippin Dorie, avec deux gallères pour les conduire; mais passant à Gennes, le seigneur André Dorie les retint, mettant en avant que le roi ne lui avoit satisfait de la rançon du prince d'Orange, qu'il avoit pris prisonnier à Porte-Fin , durant que le roy estoit au siège devant Pavie ; dont depuis avintla ruine de nostre armée de Naples , parce que ce fut le motif de la révolte d* André Dorio, et le marquis du Guast, estant son prisonnier, le pratiqua pour Tattirer au service de Tempereur. » Mémoires de Martin du Bellay, année 1528; Collection Michaud et Poujoulat, p. 218. Voyez Vallès, lib. X, ^» 277 et suivants, et P. Jove, iiv. XXVL

alliez; et l'un, selon ses gens donnez, en devoit avoir, et l'autre, selon sesgallères, en devoit aussi avoir. Et, par faute de s'entendre bien , ilz furent en ceste discorde; aussi que M. de lautrec estoit trop haut à la main, et qu'il voidoit inipérier* trop outrecuydenient. Tout cela luy cousta bon, car il luy cousta la vie, qu'il perdit devant Naples (comme je le dis en sa Vie), et à nous la perte de ce royaume et la ruyne de nostre armée. Si Ton n'eust mescontenté ce grand personnage, André Dorio, comme l'on ne devoit (aussi le roy François s'en repentit cent fois), les belles conquestes et victoires qu'a faict et gaigné ce grand capitaine pour l'empereur se fussent faictes pour nous; mais nous ne sçavons pas gaigner les hommes, ny entretenir quand nous les avons.

Il ne faut doubter que si ce vaillant capitaine n'eust eu en barbe Barberousse et Dragut', qu'il n'eust faict des choses très esmerveillables. Dieu le pimit pour avoir donné la liberté à Dragut pour trois mill' escuz; car il luy fit fort la guerre après que l'armée turquesque eut pris Tripoly', isle du Goze*, et saccagé Tisle de Malte, et qu'elle vint vers la Scicille et eust passé par le Far de Messine, pillé et saccagé Rège et force autres places, villes et cliasteaux et bourgades, et venue jusques devant les chasteaux de Naples tirer canonnades, et tout pour la valleur de Dragut, qui menoit l'avant garde. André Dorio, venant de Gênes avec trente six gallères pour secourir Naples, qui crioit

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