Liv.XXV
5. Voyez Vallès, f* 268 et suivants. — Tout ce qui suit jusqu'au dernier alinéa {Pour fin) de la Vie d'André Doria manque dans la première rédaction.
ANDRÉ DORIO. ki
costéy comme admirai et général des gallères impérialles, pour faire desmordre et retirer le Grand-Seigneur, d aller en Grèceavecqu'un' armée navalle attaquer l'admirai Bassa, général de mer du Grand- Seigneur, qui aussi avoit une belle armée; mais voyant venir André Dorio, ne l'osa attendre, et se retira, bien qu'il fust le plus fort; sur quoy André Dorio, prenant l'occasion , s'en alla assiéger et prendre Coron et Patras'; dont les nouvelles en estant venues au Grand-Seigneur, et en ayant pris Tallarme, desmordit Vienne et tira en Constantinople. Ainsi fit le brave Scipion encontre Annibal et les Carthaginois; car, comme j'ay ouy dire à de grandz capitaines, il n'y a rien qui rompe l'entreprise de son ennemy que de l'aller voir chez luy. Voylà donc le bon service que ce grand prince Dorio Ht à la chrestienté, et sur tout à l'Allemaigne qui, possible, s'en fust trouvée de l'escot.
Certes, il faut donner ceste gloire à ce prince André Dorio d'avoir esté un des grandz capitaines de la mer qui ayt esté, il y a possible, de mémoire d'homme, voire trouvé dans nos histoires. Aussi estoit-il très bien assisté de sesnepveuz et parens, comme j'ay dict, de ce brave Philipin Dorio, dont j'ay parlé, et de Jannetin Dorio", qu'on a de son temps veu le plus dilligent capitaine de mer qu'on eust sceu voir ; car, aussi
i. Doria s'empara de Coron et de Patras, non pas en 1529 comme le ferait croire le récit de Brantôme, mais en 1532, pendant que Soliman envahissait l'Autriche sans mettre le siège devant Vienne. Voyez P. Jove, liv. XXXI.
2. Jannetin Doria, neveu d'André Doria, lue à Gènes, lors de la conspiration de Fiesque, en 1r47.
4i GRANDS CAFITAINI» ESTRANGERS.
tost songé et résolu de son aflaire, aussi tost exécuté; ainsi qu'il fit en renvitaillement de ParpignanS sans lequel la ville estoit prise, ayant estée recongnue, blocquée et assiégée que Ton ne s'en doubtoit nullement, mesmes l'empereur. Quand le marquis del Gouast luy manda en Espaigne qu'il advisast à soy et se donnast bien garde de sa frontière de pardelà, car il y avoit quelque entreprise, l'empereur, se mocquant de cet advis, luy manda qu'il se souciast tant seulement de garder bien son gouvernement, que de son costé il garderoit bien ses Espagnes. Nonobstant cela, ledict marquis, en conférant avec le prince Dorio, despescliarent ledict Jannetin Dorio, qui, avec ses gallères, aussi tost envitailla ledict Parpignan de toutes muni* tions de guerre, sans lesquelles la ville estoit prise; et l'empereur bien esbay quand il y vist le siège devant^ contre son opinion, et bien ayse et bien obligé audict marquis et Jannetin d'avoir si bien secouru céste place. '
Il fust de mesmes très diligent quand il secourut Saint-Florent en Corsègue*. Il fit très bien lors que l'empereur fut devant Aîger*. Estant une grosse escarmouche attaquée par une grand saillie que firent ceux