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Voyez sa vie plus loin

la trefve ny de guerre*, qui leur eust permis de venir aux mains sçavoir à qui demeureroit la victoire, puisqu'ilz estoient en si belle mer et si belle occasion pour gaigner ou perdre. Voylà comment il faict beau d'observer toutes loix bonnes.

Dragut Puisqu'il vient à poinct de parler de ce Dragut et

^' rOucbaly, j'ay trouvé bon d'en toucher quelques motz

"^ '^^ ' que j ay appris tant des uns que des autres mariniers du Levant, que d'un petit traicté faict en espaignol. De la conquista <t Affricqua '.

Ce Dragut donc fut natif de Natolie, qui est en Asie la. mineure, d'un petit village qui s'appelle Charabalac, nay de pauvres parens villageois. Luy se voyant pauvre, et ambitieux d'avoir quelque peu de bien pour un jour secourir à sa misérable vieillesse, il se donna page d'un arrays*, corsaire de sa mesme patrie, lequel le voyant barbe rousse, et le trouvant à son gré, le prit et s'en servit en sa villaine sodomie, et s'en estant bien servy, il luy donna une fusle bien armée avec sa patente de capitaine ; et en ayant faict un assez bon commancement, il l'advantagea de plus grand nombre de vaisseaux : si bien que s'estant mis sur mer à l'advanture, il rencontra sur la mer Adriatique un seigneur magniffique vénitien, appelle Pasca-

i. Var, La loy de la trefve ny guerre. (Ms. 6694, ^ 83, v».)

2. Thorgud, que les historiens chrétiens appellent Dragut, né à Sarabalaz, dans la province de Mentecha ou Menlsche, en Anatolie, tué au siège de Malte en 1565.

3. Voyez plus haut, p. 34, note 1. Dans ce qui suit, Brantôme n'a guère fait que traduire ce petit livre, dont nous donnerons quelques extraits à l'Appendice.

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